Auteur/autrice : admin

 

Une vie d’agriculteur

Une vie d'agriculteur

   A 95 ans, Marcel est l’un des derniers témoins de l’histoire du siècle dernier. Né en 1928, il a vécu tous les grands évènements des années 30 à nos jours. Ancien agriculteur, il a vécu l’évolution de notre agriculture. Avec lucidité et une mémoire toujours intacte, Il a bien voulu retracer son parcours et nous donner son ressenti  sur les changements intervenus.

Enfance et jeunesse

   Je suis fils d’agriculteur. J’ai passé toute mon enfance et ma jeunesse à la ferme entouré de mes parents et de mes frères et soeurs. J’aurais bien  aimé faire des études mais j’étais l’aîné. Alors,  après mon certificat d’études passé avec succès,  j’ai du rester à la maison pour aider mes parents. Ceux-ci exploitaient une ferme d’une quinzaine d’hectares et  élevaient des vaches et quelques cochons. Ils pratiquaient la polyculture : céréales, plantes fourragères, foin.  

 

   De 1941 à 1947, j’ai participé à la vie de la ferme. Le travail était très physique mais heureusement à cette époque, il y avait beaucoup d’entraide surtout pour les plantations, les foins, les battages.  Comme dans la plupart des fermes nous n’étions pas très mécanisés et la majeure partie des travaux était effectuée manuellement. Nous avions des boeufs et un cheval pour tirer d’abord la charrue et plus tard le brabant. Malgré la fatigue, tout se déroulait  dans la bonne humeur et j’en garde un très bon souvenir.

 

Premières expériences

 

   Après mon service militaire, Je suis allé travailler dans un lycée à Paris. J’ai très vite déchanté et j’ai vite recherché un autre emploi. Grâce à un cousin, je me suis retrouvé dans une grande ferme de plus de 700 ha à Aulnay aux Planches dans la Marne. Là, j’ai découvert un autre monde. Tout était moderne et très mécanisé. La ferme possédait plusieurs tracteurs, des camions, un bulldozer. J’ai été embauché comme chauffeur de tracteur. On y pratiquait la culture intensive de céréales, de betteraves et de luzerne. Pour la bonne marche de la ferme le personnel était nombreux, jusqu’à 12 personnes. Durant mon passage dans cette ferme, les patrons m’ont emmené avec eux pour un voyage d’études en Hollande. Ce séjour m’a vraiment marqué car j’ai découvert des fermes ultra modernes pour l’époque avec une façon de travailler tout à fait novatrice pour moi. Ces découvertes me serviront beaucoup par la suite.

 

   Passionné de sports mécaniques, j’avais acheté une moto BM. Les 450 km pour revenir en moto à la maison ne me faisait pas peur. J’étais assez intrépide à l’image de mes idoles de l’époque, Hazianis et Ledormeur, les champions de moto-cross du moment.

 

   Ma vie d’agriculteur

  En 1954, je suis revenu définitivement en Bretagne et je me suis marié. Nous nous sommes installés dans la ferme de mes beaux parents. Nous y sommes restés jusqu’en 1963. Durant toutes ces années j’ai pratiqué une agriculture tout à fait traditionnelle mais dès 1955 j’ai acheté mon premier tracteur, un David Brown.

  Je rêvais de trouver une ferme à ma convenance.  Après plusieurs visites, nous nous sommes installés dans une ferme de 18 ha. Malheureusement elle était très morcelée et les 57 parcelles contenaient 384 pommiers. Mon premier travail a été d’en déraciner le plus possible. Heureusement, à cette époque le gouvernement donnait des subventions pour le faire. Cela m’a été bien utile pour me moderniser et construire mon étable. J’ai très vite remembré mes terres et j’ai réussi à les rassembler. Ensuite je me suis agrandi pour arriver à 38 ha avec les terres de location.

 

 Evolution et modernisation

   J’avais envie d’aller de l’avant, et je n’ai pas hésiter à faire des emprunts. D’abord pour construire la maison d’habitation puis pour acheter ma première voiture, une 4 CV.

  Toujours à la recherche de modernité, j’ai entrepris la construction de mon étable. Celle-ci pouvait loger une trentaine de laitières. Ce n’était pas une stabulation mais un système de stalles. Grâce à une technique que j’avais vu au Pays-Bas, les bêtes étaient munies d’un collier « américain ». On pouvait en attacher plusieurs en même temps. Ce procédé a suscité la curiosité d’un certain nombre d’agriculteurs. De plus le fumier était envoyé directement dans une fosse grâce à un évacuateur mécanique. Ensuite il était broyé avec le purin.

    Pour la traite des vaches, je n’avais pas une salle de traite ultra moderne mais j’avais un transfert, ce qui était appréciable. Pour nourrir mes bêtes, j’ai continué à faire du foin, planter des choux et des betteraves mais très vite j’ai pratiqué l’ensilage d’herbe et de maïs. Pour compléter mes revenus, j’ai fait construire un élevage de veaux.

   A cette époque, les cours étaient réguliers et nous permettaient de vivre correctement de notre travail. Le système de quotas laitiers et les aides de la PAC nous ont bien favorisés.

  L’agriculture a vite évolué. Le matériel s’est modernisé. Des agriculteurs se sont mis en CUMA mais moi, j’ai préféré faire autrement. J’ai travaillé avec les coopératives et me suis fait aidé par un technicien agricole pour améliorer les rendements. Cela m’a bien aidé mais malheureusement, ces coopératives nous incitaient à utiliser engrais, désherbants et pesticides à volonté  et on les croyait. On n’en  mesurait pas les conséquences sur la nature.

   Finalement, même si je ne suis pas très nostalgique, j’ai eu la chance de voir le monde agricole évoluer, parfois un peu trop vite. J’ai eu beaucoup de réussites mais aussi quelques échecs. Si c’était à refaire, je pense que je travaillerais autrement. J’utiliserais certainement moins d’engrais et de pesticides et peut-être même que je me serais converti à l’agriculture bio.

La Bourdonnaye

la bourdonnaye

Le château de la basse-bouëxière

  Il ne reste du château féodal de la Basse-Bouëxière  que trois tourelles sur les quatre  qui en faisaient la principale défense. Au devant se trouvait une cour fermée avec double pont-levis. Les tourelles reliées entre elles par une palissade étaient avec mâchicoulis et meurtrières. Toute l’enceinte était protégée par des douves profondes que l’on distingue encore aujourd’hui

  Le premier seigneur connu de la Basse-Bouëxière fut Raoul Boucel au XIVe siècle. Ensuite plusieurs familles se succédèrent dont les de Couëdor. En 1536, le sire de Rohan, seigneur de la Gacilly en était propriétaire. A la fin du XVIe siècle, suite aux guerres de la Ligue et  aux mauvaises affaires de son propriétaire, Jean de Couëdor, le château subit de nombreux dégâts et menaça ruine.

  Son nouveau propriétaire, Jean du Houx, conseiller d’état et seigneur de la Gacilly le fit reconstruire en arrière du premier. Ce château prit le nom de château des Bouëxières suite à  la disparition du château de la Haute-Bouëxière.

  En 1714, les terres des Bouëxières furent adjugées par le tribunal à Yves Marie de la Bourdonnaye. Celui-ci  en prit possession dans les jours qui suivirent. En 1717, il obtint l’érection  des seigneuries de la Bouëxière, la Gacilly et Couëtion en Ruffiac en Marquisat, sous le nom de la Bourdonnaye. Le château prit le nom de château de la Bourdonnaye.

cadastre 1825

  Durant la révolution, le château subit d’importants dégâts: pillages, saccages divers. Tous les biens de Mr le Marquis Charles Esprit Clair de la Bourdonnaye furent vendus comme biens nationaux. Début XIXe, la propriété fut rachetée par son épouse qui arriva grâce à la vente de biens personnels à réunir la somme nécessaire.

Mr le Marquis Charles Esprit Clair de la Bourdonnaye

Ancienne douve du château féodal

Le château de la haute-bouëxière

     Ce château, à l’allure de manoir, était bâti, semble-t-il, à l’emplacement d’un ancien camp romain. On y a retrouvé des briques et des monnaies romaines. Il occupait l’emplacement de l’ancienne maison vicairiale. Autour du château s’étendaient de grands bois qui allaient jusqu’aux villages de Langave, le Plessis Payen, la Ville Mariée et Trignac. Ce fief avait une certaine importance et disposait de revenus importants qui provenaient des droits de péages, des dimes, des baillages, des moulins à vent et à eau et d’un grand nombre de tenues (terres). Les moulins du Val, du Pont Ogier et de Bruère en dépendaient.

 Historique

   Il fut sans doute ruiné lors des guerres de la ligue. En 1633, il ne restait plus que la maison du métayer. Selon un aveu du 9 juin 1708, la Haute-Bouëxière correspondait à de vieilles masures et la chapelle.

  Le seigneur de la Haute-Bouëxière le plus ancien, Guillaume de la Marche, participa au combat des  trente à Josselin en 1351. Les De Rohan devinrent propriétaires de ce château de 1475 à 1548. Puis ensuite, il fut racheté par René De Couëdor vers 1563. Suite aux mauvaises affaires de Jean de Couëdor, les terres de la Haute-Bouëxière furent rachetées par Jean du Houx en 1596. En 1714, Yves Marie de la Bourdonnaye devint propriétaire de ce château.

Chapelle Ste Hyacinthe

  Cette chapelle  fut,  de prime abord, une dépendance du château de la Haute-Bouëxière. Le chapelain recevait son traitement directement du seigneur du lieu.

Le boulevard Julien Gicquel

Le boulevard julien gicquel

Quand le petit chemin devint route

   À l’origine, le Boulevard Julien Gicquel n’était qu’un chemin creux !

  C’est en 1949 que ce chemin fit place à la route actuelle afin de rejoindre aisément, la rue de l’étang d’aujourd’hui et le haut du bourg.

  Durant une vingtaine d’années, ses riverains l’appelèrent tout naturellement  « La route nouvelle ».

  Cette route fut ouverte à l’initiative de Monsieur Julien Gicquel, 1er adjoint du maire de Carentoir, Monsieur de Carheil (1944-1953)

  Beaucoup plus tard, à la fin des années 60, « La route nouvelle » devint officiellement « Boulevard Julien Gicquel » rendant ainsi hommage à son initiateur.

BD Julien Gicquel 1976

Qui était monsieur julien gicquel ?
(1887-1973)

  Ce 1er adjoint au maire de Carentoir, commerçant du centre bourg, était fils d’agriculteurs de la Métairie-aux-Jolys, hameau proche de Sixt-sur-Aff . 

   Les plus anciens Carentoriens et les enfants de l’après-guerre, se souviennent sans aucun doute, du « Café-Fruits-Légumes-Poissons » devant l’ancienne Poste et des nombreuses dépendances jouxtant notre ancienne Mairie.

   Julien Gicquel  faisait commerce d’engrais, de vins, de pommes, de blé.. etc. Quelques personnes rapportent qu’autour des années 40, il faisait également collecte des miels, sachant qu’autrefois les ruches ne manquaient pas dans nos campagnes.

  Une maison basse, face à l’entrée initiale de l’école des filles lui servait également d’entrepôt. Cette maison fut détruite dans les années 90. Concernant les engrais, l’ancienne gare TIV, désaffectée depuis 1937, laissa des locaux vacants avec quai de chargement et qui furent un temps utilisés pour leur stockage par notre conseiller.

  Julien Gicquel laisse le souvenir d’un homme bon, très actif et qui apporta beaucoup à notre commune.

Environnement de la "route nouvelle" dans les années 50

  Hormis l’école privée des filles, derrière ses murs et ses beaux tilleuls, «la route nouvelle » n’était bordée que de champs-pâturages, plantés de pommiers, où paissaient les vaches de diverses fermes du voisinage.

  Un premier champ s’ouvrait sur la rue de Bourrienne. Il s’étendait sur l’emplacement de notre actuelle Mairie et de la propriété voisine. Le second champ appelé « Le Clos-Hervy » se prolongeait jusqu’à l’actuel stop de la rue de l’Epine.(qui à cette époque n’était qu’un chemin).

  L’école des filles, initialement, ne disposait que des 4 classes du bâtiment d’origine et de la cour de récréation entourée de hauts murs. Un préau fermait la cour ainsi qu’une remise qu’on appelait bûcher. La classe en extension, (récemment bardée de bois) n’existait pas encore. Deux autres champs s’étendaient de l’école au ralentisseur de la rue de l’Epine, face au square.

 

Ecole de Bourrienne

Urbanisation de la « route nouvelle » et naissance du « boulevard  Gicquel »

   Elle commença timidement lorsque l’effectif de l’école des filles exigea la construction d’une salle de classe supplémentaire. On projeta également d’agrandir l’espace extérieur. S’en suivit alors l’acquisition du vaste champ jouxtant l’école. La construction de l’extension fut alors lancée. En septembre 1961, les élèves du CM2 et CEP, eurent la primeur du local neuf dès la rentrée !

  Au cours de l’année 1968, la commune s’intéressa au champ « Le Clos Hervy », en vue d’y implanter un petit lotissement.  Acquisition faite, la parcelle fut lotie en 5 emplacements et vit s’élever successivement les maisons entre 1969 et 1974.

  Avant même que soit bouclée la vente de l’ensemble des lots aux particuliers, « La route nouvelle » prit du galon et devint officiellement « Boulevard Julien Gicquel ». En témoignent, les actes notariés des transactions.

 

  Fin des années 60 également, le Groupe d’assurances MSA (ultérieurement Groupama) chercha un terrain à Carentoir pour y implanter sa succursale. Le champ, ouvrant sur la rue de Bourrienne, fut retenu et s’en suivit la réalisation de ce grand complexe moderne, à l’angle de la rue de Bourrienne et du Bd Gicquel.

  Travaux effectués, la MSA chercha à revendre la partie du terrain inutilisée. Elle n’eut pas de mal à trouver acquéreur et sur les années 1973-1974, une 6ème maison vint s’ajouter aux 5 premières du lotissement communal.

  C’est ainsi que le côté gauche du tout nouveau « Boulevard », prit des airs de petit quartier !

  Enfin sur les années 1976-1977, une dernière construction vint équilibrer le boulevard côté droit sur la parcelle face au square.

Bd Julien Gicquel 1997

Trottoirs, plantations de cerisiers japonais sur le boulevard !

  Rapidement, des trottoirs sécurisèrent la nouvelle artère de notre bourg et la plantation d’une douzaine de cerisiers-fleurs donna la touche finale !

  On les admira pendant de nombreuses années ! Chaque printemps, les 2 semaines de pleine floraison étaient attendues par les riverains ! Mais fréquemment, il suffisait de quelques journées de pluie ou de vent et le charme était vite rompu, laissant en consolation, un épais tapis de pétales roses sur les trottoirs…

  Mais chemin faisant, nos beaux arbres devinrent indésirables ! Leurs racines, peu à peu, quadrillèrent les trottoirs, soulevant dangereusement le bitume ! Leur dernier printemps fut celui de 1998 ! En juin de la même année, les cerisiers japonais disparurent définitivement du Boulevard Julien Gicquel…

Le Boulevard Gicquel d’aujourd’hui !

  Après l’enfouissement des lignes de téléphone et d’électricité, de la suppression de leurs poteaux disgracieux en 2011,  2013 fut l’année des grands travaux d’urbanisme sur le boulevard !

  Mais une ombre au tableau.. L’ancien complexe de Groupama vieillissait mal dans le haut du Boulevard Gicquel depuis le départ de l’Institut Bonaparte en juin 2012. Et c’est ainsi que dans les années qui suivirent, mûrit dans les rangs de notre municipalité, le projet d’acquisition du bâtiment délaissé ! Après concrétisation du projet puis remaniement des locaux, octobre 2019 vit s’installer la Mairie de Carentoir au numéro 1 du Boulevard Julien Gicquel au cours du 3ème mandat de Madame Catherine Lamour.

Et voilà jusqu’où le petit chemin de 1949 nous a conduits 70 ans après…

 

PHOTOS DU THEATRE

photos du théatre

Morts pour la France Quelneuc

quelneucois Morts pour la france 14-18

Nom prenom Village Lieu Date
barre
Alexandre
Trémeleuc
A Lyon de maladie
Date inconnue
bouchet
francis
La Popinaie
Ambulance suite à blessures
17 septembre 1918
bouchet
Jean-Baptiste
La Froulaie
Hôpital de Rosendaël 59
12 mai 1918
bouchet
joseph
la touche
Tué à la bataille de macheleu (belgique)
24 octobre 1918
bouchet
pierre
la touche
tué devant Hem (Somme)
7 juillet 1916
bourel
alexandre
la vériglée
hôpital 27 bis berck plage (maladie)
20 décembre 1917
calo
armand
la ville au touër
inconnu
inconnue
corduan
mathurin
trémeleuc
suite blessures à harbonnière (somme)
1 er septembre 1916
daniel
joseph marie
la boissière
virton (belgique)
22 août 1914
darel
jean
corson
maladie au camp de hunster (wesphalie)
23 juin 1918
de talhouêt
rené
le ville quéno
sous-lieutenant disparu
12 février 1915
delannée
alexandre
?
blessures ambulance 7 Fosseux (pas de calais)
11 mai 1915
eon
désiré henri marie
trémeleuc
tombé devant noulette (pas de calais)
22 janvier 1915
etrillard
prosper jean marie
la renaudais
disparu à ripont (marne)
22 septembre 1915
françois
auguste marie
trémeleuc
disparu à lenhan
7 septmebre 1914
françois
joseph
trémeleuc
disparu à calonne
20 juin 1915
fréoul
julien marie
?
disparu à souain (marne)
28 septembre 1915
guillaume
joseph marie
le val
tombé aux éparges
19 mars 1915
hervy
joseph françois marie
la boissière
suite à ses blessures
17 septembre 1914
le blanc
joseph
Haut ezel
hôpital bergerac 24
23 janvier 1915
mahieux
joseph
la boissière
st rémy sur bussy (marne suite à ses blessures
5 novembre 1915
moureaud
mathurin
le bois peschart
hôpital de cholet
7 janvier 1915
poirier
jean-marie
la bigotaie
tué à l’ennemi
7 novembre 1916
poirier
pierre marie
le val
hôpital d’amiens
7 novembre 1914
préviaire
jean-marie
la boissière
combats de hangard en sauterre
156 au 30 avril 1918
prioul
jean-françois
?
Combats de Mesnil les hurus (marne)
22 février
rocher
joseph (prêtre)
la ville quéno
?
6octobre 1918
soulaine
jean
la vériglée
disparu à mesnil les hurlus (marne)
3 mai 1915

Les trèves

Les trèves

 

     Lorsqu’une paroisse était jugée trop importante en raison de sa superficie, de grandes distances à parcourir pour l’exercice du culte, l’évêque pouvait à la demande du seigneur du lieu, ériger une nouvelle trève. Souvent il existait déjà une chapelle, et si besoin on bâtissait un presbystère pour le prêtre à résidence.

     Par exemple, le Seigneur de la Haute Bouëxière obtint à sa demande que la chapelle du lieu devienne tréviale.

     La trève était gérée de façon autonome. On y célébrait les baptêmes, les mariages et les sépultures. Le prêtre, détaché par la paroisse de Carentoir, tenait les registres et les comptes de la Fabrique.

 

Au IXe siècle

     Carentoir qui était l’un des 6 doyennés que renfermait le diocèse de Vannes possédait 4 trèves : la Gacilly, la Chapelle Gacelyne, la Haute-Bouëxière et Quelneuc.

 

Du XIIe au XVIIIe siècle

     La paroisse de Carentoir comptait 5 trèves: la Gacilly, Quelneuc, la Chapelle-Gaceline, le Temple et plus tard la Haute-Bouëxière.

    Plusieurs de ces trèves devinrent par la suite des paroisses à part entière.

     La Gacilly devint réellement une paroisse en 1745, bien que certains historiens locaux datent ce passage dès 1573.

     L’église tréviale de Quelneuc fut érigée en église paroissiale et la trève en paroisse par ordonnance royale du 24 juin 1842.

     La Chapelle-Gaceline ne devint paroisse qu’à la fin du XIXème siècle.

   

     La Haute-Bouëxière, à la demande de Mr de la Bourdonnaye, devint une trève de la paroisse de Carentoir le 5 mars 1769. Un vicaire fut détaché pour desservir cette chapelle mais il ne resta à résidence qu’à partir de 1818.

Les calvaires

les calvaires

histoire des calvaires

   Le nom calvaire vient du latin calvaria lui-même venant de l’araméen Golgotha (crâne) lieu où le Christ a été crucifié (le mont du crâne).

   C’est à partir du IVème siècle que la croix qui représente la crucifixion de Jésus devient le symbole principal du christianisme, après que l’empereur Constantin converti au christianisme ait interdit le supplice du crucifiement. On parle de crucifixion pour Jésus.

   Le crucifiement provient probablement de Perse et d’Inde.

    La mort était lente et par asphyxie car la position des bras écartés empêche de respirer correctement.

   Les calvaires que nous connaissons aujourd’hui ont été érigées à la fin du XIX et du XXè siècle. (On ne parle pas des Calvaires bretons, nombreux dans l’ouest de la Bretagne, rares chez nous sauf à Guéhenno).

   Dans notre région, ce sont des croix monumentales qui peuvent être édifiées sur sur une petite butte ou sur une surélévation en pierres rappelant le Golgotha. Ils peuvent être, parfois, entourés d’arbres en arc de cercle ou clôturés.

   On en trouve dans les communes autour de Carentoir et ils se ressemblent tous (Saint-Nicolas- du Tertre, La Gacilly, Glénac, St Gravé…). Il en existait certainement d’autres mais ils n’ont pas résisté lors des transformations des bourgs.

les calvaires à carentoir

   Il en existe deux à Carentoir.

   Le premier à la sortie du bourg à l’intersection des routes de Guer et de Quelneuc, le second à l’entrée du bourg du Temple. 

le calvaire du bourg

   Le calvaire du bourg est très visible. Il est dans l’angle que forment les routes de Guer et de Quelneuc. A l’arrière, un rideau d’arbres, un peu moins fourni qu’autrefois, lui fait comme un écrin de verdure. La croix se dresse sur une plate-forme de pierres de schiste. Deux escaliers jumeaux permettent d’y accéder. Un muret entoure la structure.

   En haut des marches, deux statues semblent garder la croix qui se dresse un peu à l’arrière. Ce sont les statues de Marie, à droite quand on regarde le calvaire, et Saint Jean, à gauche.

   Le Christ est dans l’attitude classique que l’on retrouve sur tous les calvaires.

   La poutre sur laquelle le Christ est fixé a évolué au cours des ans.

   Sur la photo de 1910, on voit les extrémités arrondies de la croix, par contre sur une autre photo, elles ont la forme d’une croix et elles sont plus travaillées.

    Lors de certaines fêtes religieuses, en particulier la Fête Dieu, le calvaire était décoré et les fidèles s’y rendaient en procession. (voir photo).

Calvaire du bourg

Placé dans l'angle des routes de Guer et de Quelneuc, il est un des témoins de la piété des Carentoriens.

Le calvaire vers 1910

Cette photo est particulière. En effet, on voit une voiture qui arrive de la route de Guer, rare à cette époque. Il paraît que c'était la voiture du photographe qui animait ainsi cette photo.

Jour de Fête Dieu

Le jour de la Fête Dieu, le calvaire était décoré par les riverains et lors de la messe de 11 heures, les fidèles s'y rendaient en procession.

L’heure du lait

l'heure du lait

ce n'est pas la madeleine de proust....

   Il fut un temps où, à la campagne, on n’allait pas chez le crémier ou chez l’épicier pour acheter le lait. Il suffisait d’aller à la ferme toute proche et d’avoir le lait directement du producteur. C’était un autre temps. 

   Découvrez les souvenirs d’une carentorienne qui se rappelle ces moments de son enfance.

...mais c'est l'heure du lait chez letournel

   Ce soir-là, je descendis la rue de Bourrienne. Nous étions le 8 novembre. L’air était particulièrement doux. Lorsque j’arrivai à hauteur de ma maison natale, parvint à moi cette odeur de feu de bois, de cheminée qui fume. En un instant, mon enfance était là et un flot de souvenirs revint à ma mémoire !

   Quelques vingt cinq ans plus tôt, j’arpentais comme ce soir-là, cette rue car c’était « l’heure du lait ». L’hiver j’y croisais de rares personnes ! De son pas lent, Madame Couéraud la sacristine, revenait de l’église où elle avait comme chaque soir, sonné l’Angélus.

  La ferme des Letournel là-haut, était éclairée. Je prenais la rampe bordée de troènes pour y arriver. Les gens du centre bourg y accédaient par la seconde entrée, face au cellier. Lorsque la traite n’était pas achevée, nous les enfants « commissionnaires », attendions sagement, assis sur les grands bancs de bois cirés qui bordaient la longue table.

   Alexandre, le fermier de retour des champs, se chauffait sous le manteau de la grande cheminée. Lorsqu’il avait plu, il se couvrait le dos d’un sac de jute. Parfois, pour nous faire patienter, il entonnait de vieilles chansons que je connaissais déjà pour les avoir entendues lors des mémorables veillées du nouvel an.

   La grande pièce de cette ferme respirait l’ordre ! Au centre, sur un buffet de bois clair, trônaient de récentes photos de mariage et autres portraits de famille. Sur un bahut, un imposant poste de TSF avait sa place près de la porte d’entrée. Sur ce même meuble, dans un joli vase de cuivre rouge, des herbes sèches cueillies dans les champs de blé et qu’on appelait (à tort ou à raison ) de la « tremble » amenaient un peu de douceur à ce décor rustique.

   L’éclairage y était faible mais laissait voir à droite de la cheminée, deux jolis petits tableaux. La fumée les avaient noircis mais on y distinguait encore, sur chacun d’eux, des voiliers dans la tempête. Ce devait être un héritage de cette parente célibataire qui avait été gouvernante à Paris ! 

  Après un moment d’attente en compagnie d’Alexandre, Yolande, la fille de la maison arrivait alors, chargée de ses deux seaux de lait fumant. De façon presque rituelle, elle venait les poser près de l’écrémeuse puis se lavait les mains au dessus de la dalle de pierre bleue. Se rapprochant ensuite du bahut tout proche, s’essuyait les mains sur le grand torchon de toile en grimaçant un peu !

   Elle pouvait alors servir les jeunes clients qui s’étaient rapprochés de la petite table où attendaient pots et bouteilles. Par précaution, certaines mères de famille, déposaient les contenants dans la journée afin qu’en cas de retard à monter à la ferme, Yolande veillerait à satisfaire sa clientèle !

   Bouteille ou pot au lait en main, nous déposions nos pièces jaunes sur la grande table et lancions les uns après les autres, un grand et chantonnant bonsoir ! 

Evolution de l’école des filles

evolution de l'école des filles

     Au début du XIXème siècle, l’instruction des filles est peu développée à Carentoir. Seules quelques familles aisées peuvent faire appel à des préceptrices ou inscrivent leurs enfants dans des institutions religieuses. Cependant quelques personnes de la paroisse se proposent pour apporter quelques rudiments de lecture et d’écriture aux filles des familles intéressées.

    Voici en quelques dates l’évolution de l’enseignement destiné aux filles.

 

Avant 1843 : Marie Lanoë, personne charitable et zélée, réunit dans sa maison les enfants pour leur apprendre les premiers éléments du catéchisme.

 

En 1843 : Marie Lanoë est remplacée par Melle Bouchet. Celle-ci reçoit dans son logement une vingtaine d’enfants pour leur apprendre le catéchisme. A ceux qui sont plus ouverts, elle inculque les premiers éléments de lecture, d’écriture et de calcul, moyennant la rétribution de 0.50 F par élève : c’était le seul moyen d’existence. Il reste beaucoup à faire. Le besoin se fait sentir d’une école pour les filles.

 

Testament 22 mars 1852 :

De Melle Pauline Marie Rose Hoëo de la Vallière

 

    Elle lègue à la commune de Carentoir une somme de 8000 F à charge d’entretenir une école des filles tenue par des religieuses d’un ordre désigné par l’autorité religieuse de la commune.

    Elle s’en était ouvert à Mr De Carheil sans toutefois préciser la nature du service qu’elle lui demanderait.

  • 4 décembre 1853 : Mort de Melle De la Vallière.

  • 20 février 1854 : Avis favorable à l’acceptation du legs par le conseil municipal.

  • 27 mars 1854 : Pierre Hoëo de la Vallière consent à la délivrance du legs.

  • 12 décembre 1854 : Arrêt du préfet autorisant la commune à accepter ce legs.

10 septembre 1854 :

     Pour installer une école de filles tenue par des religieuses, Mr De Carheil achète une maison où se trouvaient joint d’un côté un jardin et de l’autre une cour et une prairie.

    Concernant le choix de la congrégation religieuse, Mr De Carheil et L’abbé Loudéac doyen de Carentoir s’accordent sur l’ordre de la congrégation des filles du St Esprit.

6 octobre 1854 : Avis favorable du conseil municipal

17 octobre 1854 : Arrêt du préfet autorisant la commune à accepter cette donation ; le traitement de l’institutrice se trouvant garanti au moyen d’une autre fondation.

 

 

17 avril 1855 : Arrivée de 2 sœurs du St Esprit : Sr Saint Jean et Sœur Alphonse Marie des filles du St Esprit de St Brieuc. L’école est rapidement très fréquentée par des élèves venant de Carentoir, de la Gacilly et même de Guer. Sr Jean reste 3 ans.

De 1855 à 1877 : L’école est dirigée par Sœur Brigitte. Grâce à son dévouement les enfants accomplissent beaucoup de progrès. Les gens des campagnes commencent à comprendre les bienfaits de l’instruction.

1862 : Le grand nombre d’élèves qui fréquentent l’école nécessite la construction d’une nouvelle classe.

1877 : Départ de Sr Brigitte remplacée par Sr Espérance.

1884 : A cette époque, l’école compte 185 filles. Les locaux étant insuffisants, la commune fait construire 3 belles classes. (actuellement rue St Marcoult). L’école devient communale.

1902 : Cette année-là, l’école devient laïque. Les sœurs ne peuvent plus enseigner. Une ancienne élève, Melle Guého, prend la direction de l’école.

1904 : Construction  d’une école libre de filles rue de Bourrienne.

1906 : Ouverture de cette école.

Le Conseil de Fabrique

Le Conseil de fabrique

La Fabrique

    A l’origine, la Fabrique désignée sous le terme de  « Général » désigne l’assemblée de tous les paroissiens. Mais, en Bretagne notamment, au XVIIe et XVIIIe siècle l’usage est bien établi que cette assemblée doit être représentée par un groupe appartenant à la partie saine (aisée) des paroissiens. Ce groupe composé de clercs et de notables est chargé de l’administration des biens de la paroisse.

    Sous l’ancien Régime, il existe dans chaque paroisse et dans chaque trève un conseil de fabrique (assemblée plus élargie que le « Général »). Il a la responsabilité de la gestion des biens de l’église : dépenses ordinaires, entretien et construction des édifices religieux. Pour régler ces dépenses, il peut compter sur diverses rentrées d’argent : produits des quêtes, casuel (messes, mariages, baptêmes, enterrements) locations des chaises et des bancs, éventuels revenus des terres ou d’immeubles, legs, dons. Au XIXe siècle, lorsque la Fabrique ne dispose pas des ressources nécessaires pour subvenir à de grosses dépenses, (construction d’édifices religieux) la mairie peut prendre en charge une partie des travaux. Les comptes de la Fabrique sont supervisés par l’évêque et le préfet.

   Le bureau du conseil de fabrique est composé de 4 personnes : le curé, un président, un secrétaire et un trésorier que l’on désigne parfois sous le terme de « marguilliers ». Après la révolution, le maire en est membre de droit. Les autres membres sont souvent issus de la noblesse ou choisis parmi les personnes aisées et instruites de la paroisse. Les femmes n’apparaissent généralement jamais dans cette assemblée et n’y obtiennent aucune fonction.

  La Fabrique, convoquée par le curé de la paroisse, se réunit généralement le dimanche dans la sacristie ou dans le presbytère pour discuter des affaires de la paroisse. (Auparavant, les réunions pouvaient avoir lieu à la sortie de l’église sous le porche.) Lors de travaux extraordinaires, entretien ou constructions d’édifices religieux, la convocation de cette assemblée peut être plus fréquente.

 

   Le Conseil de Fabrique a perduré jusqu’à la loi de séparation de l’église et de l’état en 1905.

 

    Dans l’ancien régime, le conseil de Fabrique est la seule assemblée représentative des paroissiens. Il débat en priorité des problèmes de la paroisse mais il intervient aussi pour résoudre les problèmes du quotidien des habitants (litiges, voiries, impôts…). Le document ci-dessous en est une illustration.

  Conseil de fabrique du dix-sept janvier 1790

 

    L’an mil sept cent quatre vingt dix le dix-sept janvier nous, soussignés, Jean Guillotin, Mathurin Maubec, Louis Reminiac, Julien Maubec, Jean Soulaine, Pierre Prioul, Jean Hersart, Joseph Le Roy, Maître Joseph Fréoul, Joseph Colleaux, Mr Le Blanc et Mr Louis Le Roy tous……délibérants ayant rendu leur compte et payé le reliquat, assemblés en corps politique aux fins de ………… que les notables et tous habitants connus pour citoyens actifs aux fins d’assignation de dimanche dernier répétée ce jour.

    En l’endroit le sieur Hoeo de Boisgestin syndic de cette paroisse a représenté au général et déposé sur le bureau la déclaration du Roy du 9 octobre 1789 portant la sanction du décret de l’assemblée nationale du mardi 6 octobre 1789 concernant la contribution patriotique, l’instruction publiée par ordre du Roy relativement à cette contribution patriotique.

    Les lettres patentes du Roy du 3 novembre 1789, qui ordonnent l’envoi aux tribunaux sur le cahier de décret de l’assemblée nationale y annexé, lettres patentes du Roy du 18 novembre 1790 concernant les titulaires des bénéfices, la proclamation du Roi concernant la conservation des forests et bois du 3 novembre dit an, les lettres patentes du Roy de 27 novembre dit an concernant la disposition que produit tout bénéfice, autres concernant la confiscation des grains, autres relatives à la conservation des biens éclésiastiques, autres lettres patentes portant qu’il ne sera plus expédié de provisions d’offices des judicatures, autres sur le décret 20 de l’assemblée nationale du 27 novembre 1789 sur un décret provisoire de l’assemblée nationale concernant les municipalités ; de la représentation desquelles pièces ainsi que des lettres circulaires d’envoy

 

(Cette traduction est sujette à caution car l’écriture du document original ci-joint n’est pas toujours très lisible.)