Ajoutez votre titre ici

La gare et son quartier d'autrefois

SOMMAIRE DE l’ARTICLE

♦ Introduction et ses petits rappels

Où se situait la “Gare TIV” de Carentoir et comment était-elle organisée ?

Le petit train serpenta dans nos campagnes pendant 13 années.

Ce fut trop bien…mais ça ne dura pas !

Pourtant …le train avait donné de l’élan à ce prolongement du bourg !

Commençons la visite de ce quartier

Continuons la visite en nous éloignant un peu des 3 premières maisons !

Jusqu’au début des années 60, l’habitat du quartier de la Gare ne varia pas, avec ses 7 maisons et ses 2 remises utilitaires !

 

 

Introduction et ses petits rappels

Les “Sillons” à leurs débuts, ont consacré un article à ce petit train, qui parcourut durant 13 ans, la ligne de Redon à Guer, en desservant un certain nombre de communes, dont Carentoir.

Avant cela, un panneau de notre municipalité, toujours en place dans l’impasse après le N° 45, rue de Bourrienne, rappelle, documents à l’appui cet épisode du train à Carentoir.  

Il est fort probable, que les jeunes Carentoriens et les nouveaux arrivants dans notre commune, ignorent à ce jour, son passé ferroviaire et le quartier concerné.

Les générations passent ! Nous les enfants du baby-boom, sommes sur le devant de la scène… il est encore temps de remuer nos mémoires pour évoquer les évènements marquants, transmis par nos aînés. Et enfin, d’y apporter aussi, nos propres souvenirs d’enfance, pas moins précieux.

 

Où se situait la Gare TIV de Carentoir et comment était-elle organisée ?

La Société des Transports d’Ille-et-Vilaine (TIV), à l’initiative du projet, avait préalablement acquis les terrains nécessaires auprès de propriétaires riverains, pour l’implantation de cette petite gare. L’espace TIV, s’étendait, en lieu et place, du N° 51 au N° 61 inclus, à l’extrémité gauche de la rue de Bourrienne d’aujourd’hui. Au centre de cet espace, tournant le dos à la “route de terre” en direction de Redon, se tenait la maisonnette en bois, rouge brique, comprenant un abri d’attente, le bureau-guichet de Geneviève Fillaudeau, épouse Houeix,  la préposée et à l’arrière, la halle aux marchandises, pourvue d’un quai. Sortant de l’abri d’attente, la voie ferrée était toute proche.

Cette ligne Redon-Guer, ne disposait que d’une seule voie, d’1m de large, appelée voie métrique. Les croisements de trains étaient donc impossibles.

 De ce fait, Redon et Guer, toutes deux, gares SNCF, avaient en charge la sécurisation du trafic de toutes les petites lignes qui leur étaient rattachées et géraient strictement, les horaires quotidiens des départs et arrivées.

Le petit train serpenta dans nos campagnes pendant 13 années…

Au cours de l’année 1924, les communes desservies disposèrent donc des commodités du train pour atteindre sans effort, Redon ou Guer et autres gares de la ligne !

 L’objectif premier de cette voie ferrée, avait été le désenclavement de notre territoire, essentiellement rural. Le train allait faciliter les transactions agricoles, via les marchés et les grandes foires saisonnières de la région. Le TIV disposait en effet de wagons, conçus pour le transport des animaux. Les produits frais des petites exploitations, œufs, beurre, volailles, pommes à couteau et châtaignes en saison, trouveraient preneurs sur ces mêmes marchés.

Le TIV disposait également de wagons de fret. Les commerçants de nos bourgs, recevant ou expédiant de la marchandise, y gagneraient en rapidité d’acheminement et de réception. La halle permettant le dépôt ou l’enlèvement de ce fret.   

On peut imaginer la hauteur de l’évènement, à cette époque où la voiture à cheval et les trajets à pied, représentaient les moyens de déplacement les plus courants dans nos contrées.

Pour toutes les communes desservies par le TIV, les jours de fêtes locales, courses hippiques etc., des trains spéciaux circulaient, à la demande des communes concernées. Leurs horaires, allers et retours, étaient communiqués dans la presse.

Pensons aussi à nos Bretons de Paris et autres villes, revenant occasionnellement au pays et aux voyageurs, que le tourisme commençait à attirer dans notre Bretagne profonde. Pendant cette faste période, ils apprécièrent, les correspondances entre les départs et arrivées des “grandes lignes” en gare de Redon. C’était aussi, à n’en pas douter le plaisir de retrouver pour les uns ou découvrir pour les autres, les hameaux et les paysages de notre campagne, dans ce petit “tortillard” qui prenait son temps…

 

Ce fut trop bien…mais ça ne dura pas !

Hélas, en 1937, jugeant la ligne ferroviaire peu rentable, la Société des TIV, prit la décision de la supprimer, purement et simplement, au grand dam des municipalités des communes desservies et de leurs populations.

En 13 ans de circulation, le TIV facilita incontestablement la vie de chacun dans notre territoire. Sa disparition, fut un déplorable “retour en arrière”, après avoir goûté au progrès pendant plus d’une décennie !

 Mais malheureusement, malgré le mécontentement de la population, et les diverses pétitions, la décision en haut lieu, fut sans appel !

La Société des Transports d’Ille et Vilaine, peu à peu démonta sa voie ferrée éphémère, en revendit les rails et le ballast, abandonna sur place les traverses de bois et laissa l’amer souvenir du tracé de cette petite ligne tant regrettée ! 

 

Pourtant …le train avait donné de l’élan à ce prolongement du bourg !

Jusqu’au début du 20ème siècle, passé le chemin creux qui deviendra le futur boulevard Julien Gicquel, on entrait sur la “Grande route du bourg à Redon”. De part et d’autre de cette route de terre, s’alignaient des parcelles agricoles, appartenant pour la plupart, à des gens du bourg.

Au cours des 13 années de circulation ferroviaire, les recensements de population témoignent de l’installation de quelques familles carentoriennes aux abords de la gare TIV.

 

Visitons ce quartier qui cessa sa progression avec la fermeture de la ligne

 En effet, la période de ”l’entre les deux guerres” vit s’élever 3 maisons de caractère, qui aujourd’hui, ont toujours fière allure, face au Boulevard Gicquel et à notre Mairie. La 3ème, imposante par sa hauteur et ses murs en schiste du pays, était précédée d’un grand atelier de menuiserie, à la couverture en tuiles rouge orangé.  

Citons les familles carentoriennes propriétaires de ces 3 demeures.

La famille PAYEN possédait les 2 premières. Jean, le père de famille et certains de ses enfants furent des bouilleurs de crus, marchand de vins etc.

La famille MORICE. Julien, le père de famille, était patron de l’atelier de menuiserie évoqué ci-dessus. Après le décès de ce dernier en 1945, ce fut Adolphe, le fils cadet, qui demeura dans cette maison avec sa femme et ses 2 enfants.

Dans un prochain article, nous parlerons de l’incontournable “Salle Morice” qui prit le relais de l’atelier aux tuiles rouges mais le fit revivre dans un tout autre domaine !

 

Continuons la visite du quartier en nous éloignant un peu du 1er “îlot” de 3 maisons et de son atelier.

Face à la Gare, à l’emplacement de l’actuel espace commerçant “Bourienne“, on trouvait dans une typique maison de pays, la famille ROBERT. Joseph, le père de famille et un de ses enfants, Ernest, tenaient une petite exploitation. L’épouse de Joseph, née Angélique LEBLANC, avait ouvert une épicerie et une modeste “buvette” comme on en trouvait dans nos bourgades et même dans nos hameaux. Chez les ROBERT, l’ensemble de ces 2 activités commerçantes, s’exerçait dans la pièce de vie de la famille.

2 autres maisons de cette époque des années 30, sont encore visibles aujourd’hui à l’extrémité de la rue de Bourrienne. La 1ère se tient au n° 63 avant le petit verger de la Croix de Lisio.

 La seconde lui fait presque face au n° 36, à hauteur de l’ex-garage auto. Ces 2 constructions ont accueilli successivement des couples de retraités, revenus au pays après avoir migré à Paris. Toutefois, concernant la seconde, il semblerait qu’elle fut occupée et peut-être la propriété du couple ETRILLARD, dont l’époux est mentionné “entrepreneur” sur le recensement de 1931. Plus tard, dans cette maison, un médecin généraliste, y aurait exercer pendant la guerre.

Après la guerre 39-45, sur des terrains bordant la route, à droite, un commerçant du bourg, François LE BESCO disposait d’un garage en bois pour son véhicule utilitaire. Son voisin, Alphonse COUERAUD, avait un peu plus loin, un atelier en parpaings pour son activité de couvreur-ferblantier.

Ce n’est vers 1953-54, qu’une 7ème maison vint grossir les rangs. La famille HUBERT confia à l’Entreprise Le Chêne, la construction de sa maison, toute proche de la maison MORICE.

 

Jusqu’au début des années 60, l’habitat du quartier de la Gare ne varia pas, avec ses 7 maisons, son atelier et les 2 petites remises décrites ci-dessus !

Toutes ces demeures ont changé de propriétaires au fil du temps ! Les petites remises utilitaires de nos gens du bourg, ont fait place à de coquettes maisons aux 34 et 42, rue de Bourrienne.

L’élégante maison Payen, l’une des plus anciennes du quartier donna de l’inquiétude ces dernières années, quant à son devenir. Avec son majestueux perron et son jardin d’agrément en façade, elle fut admirée et enviée par un grand nombre de Carentoriens depuis toujours !

Mise en location au cours des années 50, elle trouva ensuite acquéreurs en tant que résidence secondaire au début des années 60.  Au décès des propriétaires, une succession compliquée, la laissa presque abandonnée. Depuis peu, malgré des années sans soins et sans vie, elle a trouvé repreneur pour lui redonner une nouvelle jeunesse et au passage on l’en félicite !

 

Post Views: 2