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Posted by: admin | on février 23, 2026
La frairie de St Jacques
Sa chapelle, son chêne, ses commerçants, des souvenirs...
Tous les Carentoriens connaissent cette modeste chapelle nichée au pied de son chêne multi-centenaire dans le village de Saint-Jacques. Rénovée il y a quelques années, elle est aujourd’hui entretenue par une équipe de bénévoles « Les amis de Saint-Jacques » soucieuse de préserver ce patrimoine local et communal.
Mais, ce que beaucoup ignorent et que d’autres ont peut-être oublié, c’est que la chapelle Saint-Jacques animait autrefois tout le quartier en attirant les fidèles de la « frairie » à la messe dominicale.
Nous sommes au milieu dans les années 1960… « Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… »
En ce temps-là il y avait foule chaque dimanche matin, dans les rues de Saint-Jacques. Invariablement, à 6 heures du matin, la messe y était célébrée, été comme hiver ! L’heure solaire était la seule qui compte. Mon grand-père, Jean BOUCHET était le sacristain et bedeau, préposé au service de la chapelle et à son entretien. Je le vois encore partir très tôt le dimanche matin avec la grosse clef de la porte, pour préparer la chapelle et sonner l’unique cloche avec la corde, pour appeler les fidèles à l’office. La chapelle se remplissait vite, par tous les temps. On y venait à pied ou à bicyclette de tous les villages du secteur: de La Danais à La Moraie, en passant par l’Hôtel-Portier, La Minardaie, la Pételaie, le Palis Percé, de la Mouisserie jusqu’aux confins de la Gacilly en passant par Brangolo, la Granville, l’Hôtelaie, Galny, la Gélinaie, pour n’en citer que quelques-uns.
La chapelle, le plus souvent bien remplie donc, résonnait aux seuls chants et cantiques qu’entonnait une chorale composée exclusivement des femmes du quartier dont notre mère, avec nos tantes, nos cousines et autres voisines.
« Ô Saint-Jacques, gardez et protégez votre peuple fidèle […] bénissez ceux qui viennent vous prier dans cette humble chapelle « . Tel était le refrain du cantique dédié à Saint-Jacques…
Je me souviens y avoir «servi » la messe comme enfant de chœur et je vois encore le prêtre qui, après avoir officié, accompagnait en 2 cv, notre grand-père à la maison pour y prendre un café … et peut-être plus?…
A l’époque, 3 messes étaient célébrées à l’église paroissiale, ce qui permettait aux familles de se répartir les travaux dans les fermes, nombreuses en ce temps-là. A Saint-Jacques, cependant, il n’y avait pas messe les dimanches de grandes fêtes: Noël, Rameaux, Pâques, le 15 Août (l’Assomption) la Toussaint, la Fête-Dieu, et la Trinité, jour de la communion solennelle. 3 jours avant l’Ascension c’était la fête des Rogations (déjà citée dans « Les SILLONS ») qui se poursuivait après la messe par la procession dans le chemin creux souvent boueux vers la croix de Perrusson (déjà citée également). La dernière messe dominicale fût célébrée en 1974.
Il est important de préciser, qu’à cette époque-là, on accédait à la chapelle en passant devant les maisons du village: la maison Mouraud, le menuisier-charpentier, puis la maison et l’atelier d’Ernest Durand, le forgeron dont j’ai encore à l’oreille le son du marteau sur l’enclume. En approchant de la chapelle, il fallait traverser la cour de la ferme de Jean Bizeul et passer sous le gros chêne. Puis en 1975, le remembrement est passé par là en modifiant tout le paysage et une route fût créée à l’arrière des maisons pour desservir la chapelle et quelques champs.
A l’issue de la messe, tout le quartier continuait de s’animer. C’était l’occasion d’échanger sur l’avancée des travaux dans les fermes et bien sûr parler de la pluie et du beau temps. Pour certains(es) c’était aussi le moment de régler des comptes que les occupations de la semaine n’avaient pas permis de faire.
La coutume était bien établie dans la culture du secteur avec tout ce qui s’organisait en parallèle et autour de l’office religieux. Une sorte de « réseau social » s’organisait et pour rien au monde, personne ne ratait ce rendez-vous dominical. Les habitants des villages les plus éloignés qu’on ne rencontrait pas ou peu dans la semaine se retrouvaient là. A cette époque, bien sûr, pas de téléphone (ou plutôt si…UN seul « chez OLLIVIER » …un téléphone public), pas de télévision, seulement un ou deux postes TSF et encore ?… Les nouvelles, bonnes ou mauvaises, se transmettaient dans ces instants-là et chacun y allait de son commentaire. Nous prenions le temps de « caouseu et on traïneu cot’ ïen ou l’aout« . Quelques informations locales pouvaient arriver par le biais des enfants scolarisés au bourg ou par le facteur mais le moment de rencontres et d’échanges le plus attendu, restait le dimanche après la messe avec, en plus, la venue de commerçants avec leurs fourgons remplis de victuailles.
Un petit marché en quelque sorte s’installait pour une heure ou deux à Saint-Jacques auprès de la chapelle et de « l’Alimentation-Epicerie » de la maison OLLIVIER (cf « La petite boutique de Saint Jacques » dans -les Sillons-). A ce commerce de proximité bien réputé, venait se joindre le boucher François LEBLANC venant du bourg. Il posait son fourgon sur le bord de la route qui mène à Les Fougerêts. Un autre boucher-charcutier, Jean DANILO, arrivait, quant à lui, de La Gacilly,. Il se plaçait près de la maison Mouraud (Besnard aujourd’hui). Je n’oublie pas le boulanger Théophile PAJOT, une figure carentorienne (chef de fanfare de La Fondelienne) qui s’installait lui aussi sur le parcours du retour de la chapelle. Et voilà, après avoir « fait ses grâces » à la chapelle, il ne restait plus qu’à faire ses courses avant de rentrer à la maison et on était tranquille pour une bonne partie de la semaine.
Avec les autres enfants, seul le camion du boulanger nous tentait en espérant qu’un adulte « charitable » ou le boulanger lui-même, nous propose une belle brioche ou plus modestement un bonbon acidulé mais – pas question de traîner – après la messe. Il fallait aider à la ferme.
Le village de Saint Jacques, en pleine effervescence le dimanche matin était le coin le plus animé de Carentoir après le bourg et le Temple. Il ne manquait en somme que le bistrot pour prendre un café ou un petit blanc. Le « Palis-Percé » n’était pas si loin mais le déplacement à pied, à travers champs ou à bicyclette dispersait rapidement les uns et les autres sans autre forme de prolongation.
En ce temps-là, les distances, la durée, la vitesse et la précipitation n’étaient que des mots pas ou peu « à la mode », réservés aux gens de la ville et tout le monde s’en trouvait bien…
…Et aujourd’hui le village s’anime encore pour le pardon, chaque dimanche de juillet le plus proche de la fête de Saint-Jacques (25 juillet) sans les marchands ambulants mais avec un repas servi par les bénévoles des « Amis de Saint-Jacques » qui entretiennent jalousement leur chapelle et son environnement….
Et voilà un sillon de plus dans nos mémoires.
A.B
PHOTOS ET DOCUMENTS SOUVENIRS
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Posted by: admin | on février 19, 2026
Au fil de l’Aff
Au fil de l'aff
La rivière de l’Aff prend sa source dans la forêt de Paimpont. Longue d’environ 66 km dont 11 km sur Quelneuc, elle serpente à travers un paysage de vallées verdoyantes, de zones boisées et de prairies humides. Tout au long de son parcours, elle sert de limites territoriales entre les départements du Morbihan et l’Ille et Vilaine. Elle traverse ou longe successivement plusieurs communes rurales : Paimpont, Plélan, Beignon, St Raoul, St Malo de Beignon, Guer, le Loutehel, Comblessac, Quelneuc, Bruc, Sixt, La Chapelle-Gaceline, la Gacilly, Cournon, Bains sur Oust et se jette dans l’Oust sur la commune de Glénac.
Ses affluents
Tout au long de son parcours, l’Aff reçoit les eaux de plusieurs affluents:
l‘Oyon qui traverse Guer et les communes limitrophes
le Rahun qui se jette dans l’Aff à la Chapelle Gaceline
le Combs qui baigne plusieurs communes d’ Ille et Vilaine avant de rejoindre Quelneuc au lieu-dit » les trois rivières ».
Des crues récurrentes
Rivière paisible à la belle saison, l’Aff, lors des pluies abondantes de l’hiver, peut rapidement sortir de son lit et provoquer des crues importantes. Ce phénomène naturel se reproduit régulièrement.
Autrefois déjà, durant ces nombreux débordements, plusieurs villages étaient souvent impactés: Quézéacs, Ezel, Trémeleuc, la Ville-au-Toir. A plusieurs reprises des ponts ou passerelles, telle celle de Corson, furent emportés. Face à ces crues récurrentes, la municipalité eut à prendre des décisions pour faciliter le passage des eaux. Ainsi, en 1832 la passerelle de Corson fut remplacée par un pont en ciment armé. En 1864, des dégradations sur le pont de Quézéacs nécessitèrent des réparations urgentes. En 1879, le pont de la Fosse fut reconstruit.
Activités économiques
Vers le milieu du XIXe siècle, l’Aff et ses affluents faisaient tourner une trentaine de moulins à blé. Sur Quelneuc, on peut citer
à l’est celui de Carnalo
Sur le Combs, à l’est, le moulin de la Péraie
Près du château de la Ville-Quéno le moulin de la Fosse
La navigation
Jusqu’au XIXe siècle, le cours de l’Aff encombré de pieds d’arbres et de diverses pêcheries avait un débit très irrégulier. Son envasement provoquait de nombreuses crues et empêchait toute navigation.
Suite à l’ouverture du canal du canal de Nantes à Brest, il fut envisagé de canaliser l’Aff jusqu’à Paimpont mais ce projet trop ambitieux s’arrêta à la Gacilly. L’Aff fut déclaré voie navigable par ordonnance royale le 10 juillet 1835.
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Posted by: admin | on février 16, 2026
Deux ancêtres carentoriens à découvrir
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Deux ancêtres carentoriens à découvrir
Mr Deslot nous a transmis des documents concernant des ancêtres de sa famille originaires de Carentoir qui nous ont semblé dignes d’intérêt.
L’un d’eux, Louis Geffroy, a fait la campagne d’Allemagne sous Napoléon 1er (1812-1814) et l’autre, son fils Louis, la campagne du Mexique sous Napoléon III (1862-1864).
En cliquant sur les fenêtres ci-dessous, vous pourrez prendre connaissance du parcours atypique de ces deux Carentoriens.
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Posted by: admin | on février 16, 2026
Une naissance autrefois
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Une naissance autrefois
Autrefois, la naissance d’un enfant constituait un sujet tabou. On évitait d’en parler, en particulier en présence des enfants. Aux plus curieux, on donnait toutes sortes d’explications, parfois les plus saugrenues.
Agnès, aujourd’hui âgée de 90 ans, se souvient que sa grand-mère lui expliquait que sa mère était malade. Dans d’autres familles, on racontait que les bébés naissaient dans les choux. Certains y croyaient volontiers, tandis que les plus âgés se montraient plus dubitatifs.
La naissance
La mère du futur enfant poursuivait le travail à la ferme jusqu’aux derniers jours de sa grossesse. À cette époque, il n’était pas encore question de congé de maternité.
Le moment venu, l’accouchement avait lieu à domicile. Pas question de se rendre à la maternité, les frais étant trop élevés. On ne faisait appel au médecin de famille qu’en cas de complication. Pour assister la future maman , on sollicitait une femme du voisinage, plus ou moins expérimentée en la matière, laquelle se faisait parfois aider par des proches.
Agnès se souvient de la naissance de sa sœur :
« Cette nuit-là, mon père m’a réveillée en sursaut et m’a demandé d’aller chercher ma grand-mère, car maman était très souffrante. Le lendemain matin, à mon réveil, on m’a annoncé la naissance d’une petite sœur. Très surprise, on m’a expliqué que maman avait couru, couru et avait trouvé un bébé, mais elle s’était cassée une jambe. Elle devait rester au lit plusieurs jours. Je n’ai pas posé plus de questions. »
Ce jour-là, les enfants étaient tenus à l’écart. Tous les prétextes étaient invoqués pour les éloigner. Le père, quant à lui, suivait les événements à distance, tout en demeurant à proximité. Aux premiers cris du nouveau-né, il accourait aussitôt.
Dès sa naissance, l’enfant était lavé, emmailloté et enveloppé de plusieurs épaisseurs de langes. Cette coutume, censée prévenir les malformations, s’est perpétuée jusque dans les années 1950.
Parrain et marraine
Le père se rendait ensuite sans tarder à la mairie afin de déclarer l’enfant. Il en profitait pour informer les parrain et marraine de l’heureux événement. Le jour même, le nouveau-né était conduit à l’église pour y recevoir le baptême. La mortalité infantile demeurant élevée à cette époque, il importait de préserver l’enfant d’une mort sans sacrement : selon la croyance, son âme aurait alors rejoint les limbes — un lieu exclu du paradis en raison du péché originel.
Le baptême
L’accoucheuse portant le bébé dans ses bras, le père, les parrain et marraine, et parfois quelques proches, se rendaient à pied ou parfois en carriole à l’église, où le prêtre les attendait sous le porche. L’enfant, coiffé d’un bonnet blanc brodé appelé « crémet », était présenté aux fonts baptismaux.
Une fois le baptême célébré, les cloches, généralement actionnées par le parrain et la marraine, carillonnaient à toute volée. À la sortie de l’église, des dragées étaient lancées à même le sol. Les enfants, qui attendaient ce moment avec impatience, accouraient et se précipitaient, tels des volées de moineaux, pour en ramasser le plus grand nombre. Sur le chemin du retour, on faisait halte dans les bistrots du village afin de partager la joie de l’événement.
Au retour, un repas copieux, préparé par une cuisinière engagée pour l’occasion, attendait les convives.
Les relevailles
Quelque temps plus tard, la mère, accompagnée d’une proche parente, retournait à l’église pour la cérémonie des relevailles. Avant la messe, elle s’avançait jusqu’à la sainte table et s’agenouillait pour recevoir la bénédiction du prêtre. Ainsi purifiée, elle était de nouveau admise au sein de la communauté paroissiale.
Après la naissance
Dans les jours qui suivaient la naissance, tout en veillant aux soins du nourrisson, la mère reprenait ses occupations domestiques, s’affairant à la maison, auprès des bêtes et jusque dans les champs.
Pendant plus de six mois, il convenait de langer et d’emmailloter l’enfant à plusieurs reprises chaque jour ; cela relevait d’un véritable savoir-faire. À cette époque, les moyens dont on disposait étaient rudimentaires. En hiver, malgré le froid rigoureux, il fallait laver les langes au lavoir et les faire sécher près du feu.
Les journées étaient ainsi pleinement occupées
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Posted by: admin | on décembre 11, 2025
Manoirs et maisons nobles
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manoirs et maisons nobles
LES MANOIRS EXISTANTS
Ces manoirs ont bien souvent été remaniés au fil des siècles.
le manoir de Rollienne (XVe siècle)
le manoir du Bois Brassu (XIII ou XIVe siècle)
le manoir de Peccaduc
le manoir de Lourmel (XVI ème siècle)
le manoir de la Cossaie (XVe siècle)
le manoir de la Herblinaie (XVe siècle)
le manoir de la Touche Peschard (XVIIIe siècle)
le manoir de Launay
le manoir de Quelneuc (XVIe siècle)
le manoir de la Chouhannière (XVII et XVIIIe siècles)
le manoir de Lanouan (XVIIIe siècle)
le manoir du Mur
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AUTRES MANOIRS
(disparus ou délaissés)
Le manoir de Couëtu (XVe siècle)
Le manoir de la Grée Horlaye (XVe siècle)
le manoir de la Danaie ( XVe siècle)
le manoir de Clazeul ( XVe siècle)
le manoir du Bois By (XVe siècle)
le manoir de la Meule (XVIe siècle)
le manoir de Villenave (XVe siècle)
le manoir du Daranlo (XVIe siècle)
le manoir du Bois-Jumel (XVe siècle)
le manoir de la Poupinaie (XVe et XVIe siècles)
le manoir de Maupas (XVe et XVIe siècles)
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Posted by: admin | on novembre 22, 2025
Le château de la Ville Quéno
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le château de la ville quéno
Le château de la Ville Quéno est dès le XIVe siècle le siège d’une seigneurie appartenant successivement aux familles Couppu, Raguenel de Malestroit, Montejan, Thierry et Méhaud avant d’être acquise par François de Talhouet, gouverneur de Redon et Valence du Bois-Orhand à la fin du XVIe siècle.
En 1681, Louis Redon de Talhouet, gouverneur de Redon, décrit la terre de La Ville Quéno en ces termes: » La maison, manoir, terre et seigneurie de la Ville Quéno situés en la dite paroisse de Carentoir, consistant en un grand corps de logis contenant de face environ quatre-vingts pieds et de profondeur autres quatre-vingts pieds, avec un pavillon au bout vers le soleil levant, cabinets, écuries, cuisine, boulangerie, cellier, portail, première et basse-cour, jardins, vergers, prairies, bois de haute futaie et de décoration, garennes, colombier, mail et vignes. »
La seigneurie compte également à cette date une métairie située près de la propriété, deux moulins, celui à eau de la Fosse et celui à vent du Vicomte. Plus tard viendra s’ajouter le moulin de Gouro.
Au XVIIIe siècle, La Ville Quéno devient le coeur d’un immense domaine constitué de petites seigneuries situées sur Carentoir et les communes limitrophes. La famille De Talhouet devient entre autres propriétaire des seigneuries du Bois-Orhand, de La Herviais, de Noyal et de Quelneuc.
A ces acquisitions vont s’adjoindre progressivement les terres de La Gélinaie, du Bois-Brassu, du Boschet, le fief de Clazeul ainsi que les seigneuries de la Touche-Peschard et de la Touche-au-Roux.
La Ville Quéno reste la résidence principale de la famille de Talhouet jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.
En 1776, Mr le marquis Joseph de Talhouet de Boishorand devient président à mortier au parlement de Bretagne et s’installe de manière plus permanente dans son hôtel à Rennes. De 1790 à 1792, Il sera le premier maire de la ville.
Durant la période révolutionnaire, le château est plus ou moins abandonné. Il est la cible des insurgés et subit quelques déprédations.
A la fin du XIXe siècle, Henri de Talhouet épouse Marie Marthe Roullet de la Bouillerie. Ils décident d’investir dans la rénovation du château et font appel à un architecte très en vogue à cette époque, Auguste Beignet. Celui-ci rénove profondément les bâtiments tout en s’appuyant sur l’existant. L’édifice une fois remanié, redevient la résidence privilégiée de la famille.
Ce château est toujours la propriété de la famille de Talhouet.
Sources : « Fonds de la Ville Quéno »
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Posted by: admin | on novembre 4, 2025
La croix de Pérusson
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La croix de Pérusson
Seule au milieu des champs et des prairies, cette croix latine tout à fait simple attire le regard. Epargnée durant les travaux de remembrement, elle semble veiller sur la frairie de St Jacques et reste témoin de plusieurs siècles de mémoire.
Située à la croisée de plusieurs chemins, elle servit durant des siècles de point de passage incontournable pour rejoindre les villages environnants. Selon l’abbé Le Claire, elle date de 1517.
Deux chemins rejoignaient la route de Carentoir les Fougerêts et les autres partaient vers le Tertre de Haut, le bois des Rochelles, l’Hôtel Orhan, la chapelle st Jacques et la Gélinaie.
Pour visualiser la campagne avant le remembrement, vous pouvez consulter le site « remonter le temps ign »
Ces chemins creux particulièrement étroits, encadrés de talus et d’une végétation très touffue, étaient entretenus par le bétail et les nombreuses charrettes tirées généralement par des boeufs. En été ces tunnels de verdure formés par le feuillage des grands arbres de fûtaie étaient particulièrement plaisants.. Malheureusement, dès les premières pluies, ces chemins dégoulinaient de partout. Les pauvres bêtes qui les empruntaient n’étaient pas à la fête car des ornières très profondes rendaient le passage très périlleux. L’eau leur arrivait parfois jusqu’au poitrail.
Ces chemins sombres et mystérieux n’avaient pas toujours bonne réputation. A la tombée de la nuit, on les empruntait parfois avec appréhension tant l’atmosphère des lieux était lugubre. L’on se hâtait de rejoindre sa demeure de peur de faire quelques mauvaises rencontres.
Les rogations
Le jour des rogations, la chapelle St Jacques était le point de ralliement des gens de la frairie. Ils arrivaient de partout à travers les chemins creux. Ce jour-là, même les enfants se devaient d’être présents. Le prêtre de service, arrivé en procession suivie par un certain nombre de fidèles, était sur place, tôt le matin, pour célébrer la messe à la chapelle.
A l’issue de la cérémonie, l’assemblée se rendait en procession à la croix de Pérusson en empruntant un chemin creux souvent boueux. (bouillonnoux en gallo).
Devant la croix, le prêtre invitait les fidèles à prier pour obtenir des conditions favorables pour leurs récoltes.
Après une dernière bénédiction, chacun se signait et repartait confiant dans la bienveillance divine.
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Posted by: admin | on octobre 22, 2025
Le presbytère
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le presbytère
LE PRESBYTÈRE
Le presbytère, situé dans le domaine de Soual, daterait du XVIe siècle. Selon une tradition immémoriale, il fut donné par trois demoiselles de Soye. (dixit abbé Le Claire).
Cet édifice relativement imposant fut remanié plusieurs fois au fil des siècles.
Au début du XVIIe siècle, suite aux déprédations effectuées durant les guerres de la Ligue, l’évêque de Vannes sollicita le conseil de fabrique afin qu’il effectue sans délai les réparations.
Vers 1735, des travaux de consolidation des murailles et la réparation de quelques fenêtres furent entrepris.
Selon l’abbé Le Claire, en 1790, le presbytère se composait d’un grand corps de logis, d’une grande cour, d’une remise et d’une écurie qui servit autrefois de chapelle.
Durant la révolution, conformément à une loi de l’an 4 qui affectait les presbytères au logement de l’instituteur, le sieur Girard, instituteur, y résidait. Il y faisait la classe et bénéficiait du jardin.
Quelques années plus tard, conformément à la loi du 18 germinal (du 30 mars 1802), le presbytère fut rendu au clergé. Cependant, en raison des réparations, le curé ne put l’habiter qu’en 1807. Il dut pendant deux ans louer une maison dans le bourg. (cf le livre de Joseph Moisan » la propriété ecclésiastique dans le Morbihan pendant la période révolutionnaire » édité en 1911)
Dépendances du presbytère en 1790
– la Chevée ou prairie à l’est
– le jardin du nord
– le terrain appelé ancien cimetière
– le Bois St James (à l’emplacement du cimetière actuel)
– le pré du doyen
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Posted by: admin | on juillet 28, 2025
Souvenirs de notre rue de Bourrienne
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Souvenirs de notre rue de Bourrienne
LA RUE DE BOURRIENNE AUTREFOIS
Comme en témoigne les anciennes cartes postales, cette rue d’entrée dans le bourg de Carentoir, fut mise en évidence dès le début du siècle dernier.
Bourrienne ressemblait alors à tous les hameaux de notre campagne, malgré ses quelques maisons à étages des années 1900 mais qui voisinaient avec d’humbles maisons basses, à l’unique pièce peu éclairée.
Les photographes de l’époque, n’eurent aucun mal à animer leurs clichés ! Les riverains se prêtaient aisément à de la figuration comme le démontrent certaines cartes de ces années lointaines !
La rue de Bourrienne, a longtemps été considérée comme un faubourg de Carentoir !
Dans mes jeunes années, quand on habitait Bourrienne, on usait du terme suivant : « Monter au bourg, faire ses commissions » !
De même, les gens du bourg disaient « Descendre à Bourrienne », voire même « Dans le bas de Bourrienne »!
Notre vieille rue, s’étendait alors de l’actuel café « Le Calypso », à l’entrée du Boulevard Julien Gicquel. Au-delà, nous arrivions dans le quartier dit de la Gare, appellation qui persistera plus de 30 ans après l’interruption, en 1937, de la ligne du petit chemin de fer, Redon-Guer.
LA RUE DE BOURRIENNE DES ANNÉES 50 !
Les troupeaux de vaches des 3 fermes du quartier, sillonnaient la rue quasiment matin et soir et ne manquaient pas de signer leur passage sur la route, dès leur sortie des étables ! Parfois, les deux plus importants troupeaux prenaient la direction de l’Hôtellerie pour se rendre à « Galop » nom des prés et champs avant construction de l’étang du Beauché.
Les charrettes partant à vide aux champs et le retour des charretées pleines marquaient les saisons, au pas lent de la paire de bœufs, ou du cheval plus dynamique!
La circulation automobile n’était pas un souci majeur dans ces années-là ! On traversait aisément la route sauf lors des fréquents passages de longs convois militaires !
Arrivant de Coëtquidan, ils transportaient les lourds matériels sur les lieux de manœuvres ! Suivaient les gradés en jeeps puis de gros camions, bâches latérales relevées où s’alignaient, de chaque côté, nos jeunes compatriotes, les appelés au Service Militaire !
En fin de semaine, ces mêmes camions acheminaient vers la Gare de Redon, les permissionnaires en tenue de sortie !
LE PROGRÈS …
Comme partout ailleurs, les décennies passant, l’image de Bourrienne s’améliora… Les maisons basses ayant perdu leurs habitants, les héritiers les conservèrent quelques décennies et en firent des remises à bois et des celliers à cidre ! Au cours des années 80 et 90, ces maisons laissèrent place à des habitations au goût du jour. Quelques-unes furent réhabilitées en petits logements.
La circulation des voitures progressant, la mise en place des trottoirs s’imposa peu avant 1960.
Quant à l’eau courante, il fallut patienter jusqu’à l’été 1961 pour l’amener à Bourrienne sur les éviers ou les « dalles » ces longues pierres plates de schiste bleu, encastrées sous les fenêtres en guise d’évier. Une petite ouverture vers l’extérieur permettait l’évacuation des eaux usées en direct sur la rue !
Avant cela, à l’exception de 2 à 3 maisons disposant d’un puits et d’une installation privée, les passages quotidiens à la pompe communale, s’imposaient. Son emplacement se situait devant le 21, rue de Bourrienne. Brocs et seaux étaient remplis à la force des bras en actionnant son levier de haut en bas !
Nous partagions cette pompe avec les habitants du quartier de la Gare. Ces derniers, compte tenu de l’éloignement, étaient équipés pour la plupart, de petits chariots à deux roues leur permettant de plus amples réserves.
En début d’hiver, on «emmaillotait » cette pompe de paille, afin d’assurer son bon fonctionnement en cas de gel.
Au cours des étés très chauds, leur utilisation fut parfois rationnée à certaines heures de la journée. Ce fut le cas en 1949 et 1956 où l’eau manqua, obligeant les laveuses à se rendre au bord du ruisseau Fondelienne ou celui du Pont-Joy pour y faire leur lessive dans de maigres trous d’eau !
Ces arrêts incontournables à la pompe, favorisaient, ô combien, le « lien social » dans ces années-là !
LES CAFÉS DE BOURRIENNE
Les 2 cafés se situaient dans le haut de Bourrienne !
À l’emplacement partiel de l’actuel Calypso, s’ouvrit à la fin des années 40, le café-tabac Le Ven, annexé à la recette buraliste de Carentoir. Le Brestois, Monsieur René Le Ven était officiellement en charge de ce bureau, chargé de percevoir certaines contributions indirectes sur la distillation des cidres et leur transport.
Mr Le Ven et son épouse, après quelques années rue de Bourrienne, passèrent le relais à Madame Mélanie Frapsauce pour l’activité café-tabac. Un nouveau receveur buraliste, Monsieur Jean Jollu, originaire de Brénilis (29) fut nommé à Carentoir. Le bureau des « indirectes » changea donc d’adresse et se retrouva au n°3 de la rue noire (aujourd’hui rue de l’église).
Pour raison de santé, Monsieur Jollu et sa famille firent un bref passage à Carentoir. Suite à cela, c’est Madame Frapsauce qui fut officiellement nommée pour son remplacement et le bureau revint rue de Bourrienne.
D’autre part, Madame Frapsauce eut l’excellente idée, d’ouvrir au sein de son café-tabac, une petite épicerie qui fut en son temps très appréciée des ménagères et des enfants ! Sur le chemin de l’école, on y trouvait avec bonheur, toutes les sucreries de l’époque !
Depuis l’après-guerre, le dimanche à la belle saison, les messieurs du quartier et autres habitués, passaient l’après-midi à lancer « le palet » sur le bitume de la route de Fondelienne, face au café. En fin de journée, le bistrot accueillait « les tapeurs de cartons » pour des parties de belote et de coinchée, dans une ambiance, enfumée et bruyante !.
Un peu plus loin, de l’autre côté de la rue, se situait le petit café paisible de Madame Françoise Borgat.
L’alignée de tables « bistrot » et la cuisine de la famille se tenaient dans la même pièce, l’ensemble dans un ordre parfait. Des bolées à cidre en faïence blanche rayée de rouge, étaient joliment suspendues sous les marches d’un escalier. Madame Borgat, prenant de l’âge, c’est Simone, sa fille qui prit le relais dans le même décor. Au décès de sa maman, suite au partage de la succession, le petit bistrot déménagea dans la maison voisine jusqu’en 1992.
De tout temps, il fut fréquenté par les gens du quartier, les clients du garage évoqué ci-dessous ou du notaire qui trinquaient après une transaction .Parfois pour un vin d’honneur à l’issue d’un mariage ou autres, les familles ayant un lien amical avec Mme Borgat ou sa fille, descendaient à Bourrienne pour fêter l’évènement.
ATELIERS AUTOS-VÉLOS
Paul Payen, propriétaire d’un garage à Bourrienne, partageait son activité de réparations de cycles avec le garagiste auto, Gabriel Lanöé et ce jusqu’en 1967, quand ce dernier s’installa dans le quartier de la Gare.
Il y avait toujours du mouvement autour de ce garage ! Les clients des 2 ou 4 roues mais aussi les passants en quête de nouvelles ! Comme à la pompe, l’arrêt au garage ne manquait pas de convivialité et finissait parfois par le petit verre chez Françoise ou Simone !
L’ORIGINALE FAÇADE DE LA MAISON D’ EUGÈNE LANOE
Puisque nous venons de citer notre garagiste Gabriel Lanoë, évoquons ici la maison de ses parents jouxtant le garage. Son père, Eugène Lanoë, maçon professionnel (et musicien de La Fondelienne) avait sans doute en lui un gêne d’artiste. En effet, il eut l’idée d’utiliser à des fins décoratives, de la vaisselle cassée. Souvenons-nous, de ces assiettes colorées, plates et creuses de nos jeunes années. Quand malmenées dans la dalle ou l’évier, échappées de main maladroites, elles finissaient en morceaux !
Dans un souci d’amélioration et d’embellissement des ouvertures de la maison de son enfance, Eugène réalisa ce parement en ciment qu’il agrémenta de tous ces éclats de faïence, soigneusement appliqués dans le ciment frais.
Couleurs et décors divers, attiraient les regards. Enfants, nous avons passé beaucoup de temps à contempler le travail harmonieux de ce monsieur que nous avions à peine connu.
En effet, Eugène et son épouse Marie-Ange, décédèrent la même année en 1954.
La maison au décor original fut rasée au cours des années 80 avant la construction d’une maison neuve, sise au 13, rue de Bourrienne.
FORGERONS – MARÉCHAUX-FERRANTS
Il y avait aussi deux forgerons-maréchaux-ferrants qui faisaient tinter l’enclume dès le matin et répandaient régulièrement l’odeur de corne brûlée, lors du ferrage des chevaux.
L’un d’eux, se situait 2, rue de Bourrienne, proche du Calypso. La grande maison de la famille Ayoul disposait d’un vaste porche abritant l’ensemble de l’activité.
On trouvait le second au 19, rue de Bourrienne à proximité du garage. La forge Berthe était installée au rez-de-chaussée. Le ferrage des chevaux s’effectuait à l’extérieur.
Chez nos deux artisans, le fermier qui y amenait son cheval, était mis à contribution pour faciliter le déroulé de la remise en état des sabots de l’animal.
UNE DEMOISELLE DE BOURRIENNE ÉTAIT MODISTE !
Reparlons de la maison de la famille Ayoul ! Jouxtant la forge de son père, le magasin de Thérèse sa fille, ouvrait sur la rue de Bourrienne.
C’était un bel espace doté d’un élégant escalier apparent et d’un superbe parquet ciré à petites lattes.
Au fond de la pièce, trônait un large comptoir en bois massif teinté, derrière lequel était suspendu un grand miroir, l’indispensable accessoire de l’activité.
Sur le côté, un imposant meuble laissait voir dans sa partie supérieure les divers chapeaux ! À l’entrée, proche de la fenêtre, se trouvait le comptoir d’accueil, assorti aux meubles de métier. Avant de franchir la porte, un joli petit meuble secrétaire (qu’un antiquaire n’aurait pas refusé), donnait la touche finale à ce spacieux magasin très apprécié de la clientèle en son temps.
À l’automne 1959, Thérèse quitta Bourrienne pour rejoindre l’élu de son cœur, Bernard rue de l’église où elle partagea son emploi du temps professionnel entre chapeaux et…. chaussures !
ETUDE NOTARIALE
Vers 1952, Maître Patard, notaire à Carentoir, délaissait son étude située dans l’ex-salon de coiffure Forlot, au 12, rue Général de Gaulle et s’installait dans la maison qu’il venait de faire construire 18, rue de Bourrienne
Depuis sa disparition, l’élégante maison d’après-guerre, a continué d’accueillir les notaires de notre commune. Nous, enfants de cette époque, avons ô combien admiré cette bâtisse avec son avancé et son élégant fronton « art-déco » en demi-cercle au dessus du balcon.
Les entrées et sorties des clercs et secrétaires, les allées et venues de la clientèle de l’étude, participaient également à l’animation de notre rue de Bourrienne.
LES GALETTES DE BLÉ NOIR D’ANGÈLE GAUTHIER
Chaque vendredi, au 33, face à l’école des filles, notre lavandière Angèle, assidue au lavoir de l’Hôtellerie les 3 premiers jours de la semaine, changeait radicalement d’activité en confectionnant de la galette de blé noir au-dessus d’un feu de bois dans sa petite cheminée. Les gens du bourg descendaient au bas de Bourrienne pour retirer leur commande hebdomadaire. D’autres, surtout les enfants, ayant apporté assiette et morceau de beurre, dégustaient sur un coin de table, une à deux « graissées » cuites sur place par Angèle. Une saveur inoubliable et inégalée, si l’on en croit ceux et celles qui s’en délectèrent dans leur enfance !
Pendant les vacances, à nous enfants du quartier, Angèle confiait la livraison de la commande de galettes du presbytère. Nous y allions de bon cœur ! Thérèse, la gentille gouvernante, portant coiffe du « Pays Vannetais », nous gratifiait d’un de ses biscuits qu’elle confectionnait et que nous savourions sur le chemin du retour.
L’ÉCOLE DES FILLES
5 jours de la semaine, à l’exception du jeudi et autres vacances, les rentrées et sorties des élèves de l’école des sœurs, rythmaient les journées.
Hormis les filles du bourg, il faut souligner le mérite qu’ont eu celles qui matin et soir devaient parcourir tant de kilomètres pour atteindre leur classe puis à l’heure de la sortie, reprendre la route de leurs villages, en toutes saisons, par tous les temps; tenant souvent par la main les plus jeunes pour qui, ces longues heures de marche, n’étaient pas adaptées à leur âge.
De plus, pour le repas de midi, maîtresses et la plupart des élèves quittaient Bourrienne à pied pour se rendre au couvent 20, rue Gratinière, résidence des religieuses.
À l’arrivée au couvent, la brave Lucie, au service des sœurs et de la cantine, avait préparé la soupe pour tout ce petit monde. Quelques élèves prenaient un repas complet confectionné également par Lucie. Les autres apportaient chaque jour de la maison, la suite de leur repas en complément du potage.
L’enseignement des Sœurs du Saint Esprit, à l’école de Bourrienne était d’un excellent niveau.
Toutefois, lorsque les Carentoriennes, seniors d’aujourd’hui, évoquent leur scolarité du temps des « bonnes sœurs », resurgit d’entrée, la manière rude avec laquelle les religieuses traitaient les élèves en difficulté.
Malgré cela, dans la cour de récréation, l’ambiance était bonne, les rondes s’improvisaient souvent et l’on chantait en chœur « Le fermier dans son pré » ou « La p’tite hirondelle et ses 3 grains de blé ». sans oublier le « Passe, passera…. la dernière y restera ».
LES ANNONCES DU GARDE-CHAMPÊTRE
De temps à autre, une clochette retentissait dans la rue. Fenêtres et portes s’ouvraient sans tarder ! Le garde-champêtre était là, aux abords de la pompe, en tenue officielle et papier en main. À haute voix, il nous lisait d’une ton monocorde l’information de notre mairie. Sans autre commentaire, il enfourchait son vélo et s’en allait plus loin continuer sa mission.
LE CAR DE LÉON
La liaison de car avec ses allers et retours quotidiens pour Redon, était assurée par un brave homme nommé Léon. Ce dernier, au volant de son car bleu à galerie de toit, chantait tout au long du trajet. Outre ses arrêts imposés, Café Julien Gicquel, face au bureau de Poste de l’époque et la Bergerie route de Guer, Léon, ce chauffeur très courtois, n’hésitait pas à faire des arrêts personnalisés sur son parcours. Montant par cette petite échelle fixée à l’arrière de son car, il vous rendait avec le sourire vos bagages encombrants.
L’arrivée ou le départ de Redon, se faisait devant le café de la Renaissance, à quelques centaines de mètres de la Gare SNCF.
LES DIMANCHES ET JOURS DE FÊTES
Les 3 messes et les vêpres du dimanche à l’église Saint Marcoul, dites respectivement à 7h, 9h, 11h 15h, déplaçaient la quasi-totalité de la population. Sur le chemin de l’église, les paroissiens de Bourrienne faisaient route avec ceux venus des hameaux voisins.
À la campagne, en ce temps-là, les fermes abritaient souvent 3 générations et l’on se partageait les horaires de messes en fonction des contraintes de la matinée, notamment autour du bétail.
De ce fait, avec ces va-et-vient lors de chaque office on peut reprendre l’expression favorite : « Ce jour-là, y’avait du monde dans l’bourg ! »
Les dames âgées portaient encore à cette époque la coiffe blanche, le long cotillon noir, sabots à brides avec chaussons de feutre à l’intérieur et le parapluie noir pour finir la tenue. La venue au bourg et le retour au village se faisaient à pied.
Pour le reste de la famille, hommes, femmes et enfants, certains restaient fidèles à la marche, d’autres arrivaient à vélo ou vélomoteurs, laissaient leurs « deux-roues » chez des gens de connaissance du bourg chez qui, bien souvent, on apportait la motte de beurre hebdomadaire. Les familles arrivant en voiture à la messe, étaient en petit nombre.
LES SOIRS D’ÉTÉ, ON PRENAIT LE FRAIS !
Avant que les programmes télé n’envahissent nos soirées, après de chaudes journées d’été, nos parents et voisins sortaient leurs chaises et profitaient de la fraîcheur du soir.
C’était un rituel très convivial jusqu’à la nuit tombante. Les adultes échangeaient entre eux et nous les enfants batifolions dans la rue jusqu’au rappel de nos parents. Parfois, des Parisiens en vacances dans le quartier, nous rejoignaient et nous aimions les entendre raconter leur vie dans la capitale !
EN JANVIER ARRIVAIT LE TEMPS DES CAFÉS DE BONNE ANNÉE !
Les longues soirées d’hiver entre voisins en début d’année, étaient incontournables ! Dans chaque maison, on lançait une invitation à l’entourage et l’on se retrouvait dans une ambiance amicale autour d’une table bien garnie de gâteaux secs. Tour à tour les verres se remplissaient parfois de cidre pour commencer puis de vin qu’on disait « supérieur » pour la circonstance avant d’arriver au café bien tassé, voire même « arrosé » pour les messieurs ! Arrivait ensuite le traditionnel « bocal » de la maîtresse de maison, où macéraient de longue date dans l’eau-de-vie, pruneaux, cerises, cassis ou encore le traditionnel 44 et ses 4 quartiers d’orange piqués de 44 grains de café, attendu pendant au moins 44 jours avant dégustation.
Généralement, 2 liqueurs étaient proposées afin de satisfaire les goûts de chacun ! Après une généreuse tournée du fameux « bocal », les uns et les autres n’hésitaient pas à prolonger la soirée en poussant la chansonnette !
ON PARLAIT GALLO À BOURRIENNE
À Bourrienne, contrairement aux villages de la commune, la vieille langue gallèse, appelée à tort le patois, se mélangeait au français.
Les personnes âgées du quartier, ne parlaient que le gallo et ont participé à nous l’inculquer sans difficulté.
Quelques exemples, souvenirs de jeunesse ci-dessous:
–Les feurluches copeaux du menuisier pour allumer le feu.
–La seyée d’ève , le seau d’eau.
–Te v’là éboguée , te voilà réveillée.
–V’là qu’ça crassine, voilà qu’il commence à pleuvoir.
Enfin cette remarque d’Ernest du quartier de la Gare à la maman d’une fillette de 2 ou 3ans en 1952:
-A né pas ben hauwte la p’tite là, mé a d’vise ben
-Elle n’est pas bien grande cette fillette mais elle devise bien, soit plus simplement elle parle bien »
Et l’on pourrait continuer ainsi sur ce parler d’antan qu’on veut aujourd’hui sortir de l’oubli. Des passionnés y travaillent, à en juger par la sortie en librairie de nombreux « motiers », entendez dictionnaire « gallo-français »
Beaucoup de gens ayant pratiqué le gallo dans leur enfance, disent avoir des difficultés à comprendre les articles rédigés dans ce parler local.
Pour certains, c’est un langage dont ils ne gardent pas un bon souvenir.
D’autres, vous diront qu’ils ont plaisir à parler ou à écrire en gallo avec des amis et que le gallo amène une certaine touche d’humour et de gaîté par ses tournures souvent très imagées !
Et c’est ici que s’achève ce long bavardage sur Bourrienne d’autrefois !
MGB
Posted in Non classé | Commentaires fermés sur Souvenirs de notre rue de Bourrienne
Posted by: admin | on juillet 26, 2025
La rue de Bourrienne. son origine ?
Ajoutez votre titre ici
la rue de bourrienne - son origine ?
ORIGINE DU NOM DE CETTE RUE ? BOURRIENNE OU BOURIENNE ?
Bourrienne ! D’où nous vient le nom attribué à cette rue de Carentoir ?
Certains prétendaient, il y a quelques années, que Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne (1764-1834), général de Napoléon, de passage dans notre pays, s’y serait arrêté et citaient même une maison où il aurait été hébergé pour la nuit !
Mais, le livre « L’ancienne paroisse de Carentoir » par l’Abbé Le Claire, (édité en 1895 par la librairie Lafoyle de Vannes), nous donne une tout autre et précieuse information et surtout très antérieure à l’époque napoléonienne évoquée ci-dessus.
Dans son chapître « Les frairies » page 104, l’Abbé Le Claire écrivait ceci :
« Le bourg se divisait primitivement, en trois rues principales, les rues de Bourienne, Tayouse et Gratigné. La première est marquée dans le minu (acte notarié en vieux français), présenté par Vincent Galivier au sieur de la Roche-Gestin le 27 avril 1409. »
L’Association du Patrimoine de La Gacilly, dans ses recherches sur la seigneurie de la Roche-Gestin, confirme très largement ce qui précède sur son site, en reprenant des actes notariés de 1409 mettant en évidence la rue de Bourienne.
Serait-ce la « supposée étape » de ce proche de l’empereur, qui aurait suscité l’ajout d’un second R comme chacun peut le voir sur nos listes ou panneaux de rue et ce depuis des décennies.
Le plus compliqué à présent c’est de trouver l’origine de cette appellation ou son étymologie.
Des communes des Côtes d’Armor, Uzel, Langueux et d’Ille et Vilaine, Bazouges-la Pérouse, Saint Médard sur l’Ille, Pipriac etc, ont actuellement dans leurs communes, une rue ou un lieu-dit de Bourienne orthographiés avec un seul R comme nous l’indique également l’Abbé Le Claire.
À ce jour, les mairies interrogées, n’ont pas su nous en donner l’origine.
Dans des documents de patrimoine de certaines de ces communes, le terme « Fief de Bourienne », apparait à plusieurs reprises et laisse supposer des lieux de fermes ou de métairies.
Ci-dessous quelques recherches attesteraient ce qui précède :
L’étymologie du mot BOURIENNE serait relatif à une ferme ou une métairie.
Dans l’historique de la commune de Bazouges-la-Pérouse on peut lire ceci :
« Le prieur avait droit de Basse Justice dans les fiefs de Bourienne et du Chastelet.
Une prairie sise au-dessus de la ville appelée le Pré-au-Prieur contenant près de 9 journaux et dont le foin doit être fané par les tenanciers du fief du Chastelet et par ceux de Bourienne. »
Cet article rentre dans « Les Sillons de la mémoire » avec beaucoup de réserves !
D’autres informations ou recherches de ses lecteurs seront les bienvenues.
MGB
NB : À contrario, la création du récent espace commercial de Carentoir rue de Bourrienne semble vouloir renouer avec la 1ère orthographe en s’intitulant « Espace Bourienne » !
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