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les villages de carentoir

  L’organisation définitive de la paroisse a lieu à partir du XIIe siècle. Trèves, frairies, chapellenies, confréries se mettent en place.

  A cette époque, les villages commencent à prendre le nom qu’ils ont aujourd’hui.

  Les noms de famille dont l’usage était inconnu font leur apparition.

  Toutes ces transformations vont bien sûr s’effectuer progressivement.

 

  L’histoire des villages ci-dessous est loin d’être exhaustive. Elle a pour ambition de donner quelques  renseignements historiques, géographiques ou anecdotiques puisés dans les archives départementales, communales ou paroissiales.

 

Si des lecteurs pensent apporter des éléments supplémentaires, il est toujours possible de les intégrer.

MARSAC

 

Ce village situé à proximité de la voie romaine Angers-Carhaix aurait une origine gallo-romaine. Son nom serait issu du mot latin « Marciacum » qui signifie domaine de Marcius ou Marcus. Non loin de ce lieu, un ancien  camp romain, situé près du château du Mur, confirme cette hypothèse.

Ce village est l’un des plus vaste de la commune de Carentoir. Au XIXème siècle, selon la liste nominative de 1836, il comptait près de 120 habitants. Parmi eux essentiellement des cultivateurs mais aussi un menuisier, 2 tailleurs et une lingère.

Les noms de famille les plus courants ( Couédor, Rialain, Daniel, Guillemot…) se retrouvent encore aujourd’hui.

Une particularité de ce village: il possède depuis 1963 son propre service d’eau. Bien que les habitants soient raccordés au service d’eau communal, celui-ci, géré par une association,  est toujours en service.

 

LA DANAIS

 

 Au XVIe siècle, selon l’abbé Le Claire,  la  maison de la Danais (Danaye) consistait en un grand corps de logis carré. Vers le nord se trouvait le logis des métayers. Tout autour, un  four, un pressoir, un étang et un moulin à eau complétaient la propriété.

Cette maison était fief de la Gacilly. Pour les redevances de four et de moulin, elle dépendait des seigneuries du Bois By et du Bois Brassu.

La Danaye appartenait depuis des temps immémoriaux  à la famille de Couëdor. Par la suite, la maison et les terres furent rachetées par la famille de Carheil de la Guichardaye qui à son tour la céda à les le Roy. Ceux-ci restèrent propriétaires et seigneurs de la Danaye jusqu’à la révolution.

Le chevalier Dupuis-Montbrun de Montméjan, membre actif de la Chouannerie, de par son mariage avec Anne de Mézeray, y possédait une maison. 

La Danais faisait partie de la frairie de St Julien. La chapelle bâtie en 1878, à l’initiative des habitants de la contrée n’a jamais servi au culte. Cette lettre, en date du 26 juin 1929, envoyée par le Maire de Carentoir au Préfet du Morbihan, l’atteste.  

  CATENEUC

 

Ce village est attesté dès 1448 . Son appellation a évolué au cours  des siècles: au 16ème : Katheneuc ou Catheneuc ; en 1750 : Cateneuc ; 1825 : Cateneu ; 1895 : Catteneuc …

Le nom du village est peut-être dans Le Cartulaire de Redon en 833 sous l’appellation Rancatoien .( cf livre abbé Le Claire)

La maison de Cateneuc est signalée dans les actes du XVème siècle, notamment en 1448 .

Selon une tradition, des Huguenots se seraient établis dans ce lieu et auraient essayé par 3 fois mais en vain de brûler dans un four la statue vénérée de Notre Dame de Fondelienne .

 

 LA BALLUE

 

Plusieurs appellations :  la Balüe en 1750 ; 1825 : La Ballue

 

L’acte de naissance de ce village repose sur la tradition orale et la vie légendaire de St Marcoul. Celui-ci était un moine normand, fondateur de l’abbaye de Nanteuil près de Coutances. Il se serait rendu en Bretagne afin de délivrer les peuples des superstitions de l’idolâtrie. Un soir, alors qu’il passait  dans l’actuelle région de Carentoir, Marcoul demanda l’hospitalité au château de la Ballue.

Ni le seigneur, ni les villageois n’acceptèrent de le recevoir. Le saint homme se retira et prédit que ce lieu perdrait de son importance et que le château serait englouti… Contraint de poursuivre son chemin, il s’achemina vers un lieu où se trouvait une petite maison isolée habitée par un pauvre couvreur et sa famille, lui offrirent de le loger pour la nuit. Le lendemain, après avoir remercié et converti son hôte, Marcoul fit une nouvelle prédiction et annonça que cette demeure deviendrait le centre d’un important village .

 

 LA CHAUVELAIS

 

Evolution au cours des siècles :  en 1646 : la Chauvelaye; 1750 : La Chauvelaie; 1825 : La Chauvelais;

2005 : la Chauvelaie

Dans ce village subsiste une maison ancienne aux encadrements soignés ; il s’agit peut-être de celle qu’occupaient en 1646 Jean Thorel et Jeanne Marcade, sieur et dame de la Chauvelais.

 

 

La GOURDELAIS

 

Ce village n’apparaît qu’en 1780 sous l’appellation : la Gourdelaye-Gourel (déformation du  nom Garel). Il devient La Gourdelais en 1825 , la Gourdelaie en 2005

Le nom du village est associé à un notaire Mr Joseph Garel de la juridiction du Temple en 1780. 4 ans plus tard, Jean Garel, sénéchal de la Bourdonnaye y est installé.

 

BOT-COLIN

 

 D’origine celtique, bot peut signifier buisson ou résidence, habitation.

 L’origine de ce village remonte au Moyen-âge. On le retrouve cité dans un aveu de 1465 sous deux écritures : Bothecolan et Bothecolin.

Plusieurs maisons et longères de ce village datent du XVIIe et XVIIIe siècle.

Sur le cadastre napoléonien de 1825, Bot-Colin était aussi étendu qu’aujourd’hui et comptait selon les listes de recensement près de 60 habitants.

 

TRIGNAC

 

 Trignac, situé non loin de la voie romaine Angers-Carhaix, est sans doute d’origine gallo-romaine.

 Il tirerait sa source du nom latin Triniacum qu’on retrouve dans les archives dès 1052. Le suffixe «acum» désignait la villa ou le domaine d’une personne. Triniacum proviendrait du nom Trinius…

Au début du XIXe siècle, ce village était très peuplé. Selon le recencement de 1836, il comptait près de 100 habitants dont une majorité d’agriculteurs et quelques artisans , un tisserand, 2 sabotiers, un tailleur et un meunier.

Trignac était rattaché à la frairie des Vignes.

 

LA  GILARDAIS

 

Ce village est à cheval sur Carentoir et Quelneuc.

On y trouve deux maisons remarquables dont l’une avec un beau linteau et l’autre avec une porte en plein cintre et une baie avec une fine frise et une grille authentique.

La plus grande était, au XVIIIe siècle, la demeure de Maître Jean Bouchet, notaire et greffier de la commanderie du Temple. Plusieurs documents le confirment dont l’acte de naissance de l’un de ses fils. (voir ci-dessous). Guillotin de Corson dans son ouvrage « Les Templiers en Bretagne » mentionne également cette demeure « Le logis du Grand Hôtel, au village de la Gillardaye, est particulièrement remarquable ; c’était au XIXe siècle la demeure de Jean Bouchet, sénéchal de la juridiction du Temple. »

Propriété de la même famille depuis 8 générations, cette maison est actuellement la résidence secondaire d’un de ses descendants.

 

 

 LA PÉTELAIE

 

Ce village, constitué de plusieurs longères, est situé en limite de La Gacilly. En 1836, sa population composée essentiellement de cultivateurs, s’élevait à 50  habitants.

Certaines maisons sont remarquables. Des linteaux de portes ou de cheminées sortent de l’ordinaire. Souvent ouvragés, ils sont ornés de motifs géométriques, de rosaces et même de calices ou autres éléments religieux.

Ces derniers signes ne sont pas anodins. Selon les archives, plusieurs prêtres ont habité ce village dont Yves Duval en 1586 et Guillaume Texier, ancien curé de St Martin en 1606. ( cf : livre de l’abbé Le Claire) 

La Révolution laissa quelques traces dans ce village : la nuit du 16 mai 1795, un groupe de Chouans investit les lieux et assassina plusieurs personnes.

 

LA MINARDAIE

 

Ce village connu durant des siècles sous le nom de  » Minardaye » remonterait  au Moyen-Âge.

Il était rattaché à la frairie de St Jacques.

Les linteaux ouvragés de certaines  portes et fenêtres témoignent de la condition de quelques habitants. Apparemment, selon l’abbé Le Claire, plusieurs chapelains rattachés à la confrérie de Notre Dame y  auraient habité.

 Ce village,  composé essentiellement de cultivateurs, a toujours été relativement peuplé : 39 habitants en 1836, 38 en 1906, 30 en 1954.

Depuis le début du XIXe et jusque dans les années 50, trois familles sont régulièrement citées: Texier, Roblin, Marchand.

En contre-bas du village, un pont palis remarquable du XIXe siècle  permettait  de franchir le Rahun pour rejoindre la  Grandville.

 

LA MADELEINE

 

Ce village est noté  » Magdelaine » sur le cadastre napoléonien de 1825.

Les lieux-dits « La Madeleine » étaient au Moyen-Âge  des  endroits isolés réservés aux  lépreux. ( léproserie, maladrerie, caquinerie).

On y vivait en autarcie, totalement à l’écart de la population. Pour éviter la contamination, les lépreux ne pouvaient pratiquer n’importe quel métier. En Bretagne,  beaucoup exerçaient la profession de cordier.

A Carentoir, La Madeleine était d’ailleurs considérée comme un village de cordiers et pour cette raison n’avait pas toujours bonne réputation. Les habitants étaient, par superstition, souvent  assimilés à des sorciers.

Ce métier a cependant perduré pendant des siècles. Dans le recencement de 1861, on note encore la présence de 2 cordiers.

 

LES VIGNES

 

La vigne a, dit-on, été implantée en Bretagne au Vè siècle par les religieux pour les  besoins du culte. Dans la région de Redon, il est fort possible que l’abbaye de St Sauveur soit à l’origine du développement de cette culture.

On y produisait un vin blanc qui, dit-on,  était de qualité médiocre.

Dans notre région, les lieux-dits « les Vignes » ou « la Vigne » attestent bien souvent l’existence d’une parcelle plus ou moins grande consacrée à cette culture.

 

A Carentoir, le village « Les Vignes » confirme cette hypothèse.

 

LE PLESSIS-PAYEN

 

Le mot  » Plessis » évoquait autrefois une terre entourée  d’une haie faite de branches entrelacées.

Le village du Plessis Payen fut durant plusieurs siècles étroitement lié à la seigneurie de la Bourdonnaye. Celle-ci possédait la majeure partie des terres qu’elle louait aux paysans du village moyennant le versement d’une bonne partie des récoltes et d’un certain nombre de corvées et redevances diverses.

Le régisseur du château appliquait  scrupuleusement les directives du marquis.

Le village était relativement peuplé. En 1836, il comptait près de 50 habitants.

 

 

 

L’ABBAYE

 

Carentoir est l’une des 2 communes du Morbihan où l’on trouve des villages formés avec « abbaye ». Cela n’indique généralement pas la présence d’une abbaye ou d’un monastère mais tout simplement  celle  d’un oratoire, d’un ermitage, d’une parcelle de terrain appartenant à une abbaye ou le nom d’une famille noble .

 

L’Abbaye de Bonnais était habitée, en 1400, par une famille noble qui s’appelait de l’Abbaye.( cf : livre abbé Le Claire)

 

Concernant l’Abbaye aux Chevaux, l’Abbaye aux Alines, l’Abbaye Blot, la Vieille Abbaye peu de certitudes mais seulement des suppositions.

A noter que tous ces villages se situent dans le quart sud-ouest de la commune.

 

LA MÉTAIRIE AUX JOLY

 

Dans l’ancien régime, une  métairie était un domaine agricole plus ou moins vaste  alloué à un métayer et sa famille. En contrepartie, celui-ci devait reverser la moitié de ses récoltes et de ses ventes au propriétaire.

La métairie était souvent une dépendance de château ou de manoir.

 

La Métairie suivie d’un nom propre correspond généralement au nom du propriétaire : la Métairie aux Joly.

 

Ces noms de village remontent souvent au XVIe ou XVIIe siècle.

 

La frairie de la Métairie aux Joly était rattachée à la chapelle St Marc. En faisaient partie les villages environnants : Lézalain, Lanouan, la Mineraie, la Vallée, l’Hôtel Béridel, la Grée-Fichet, le Mélac, la Ville-aux-Noël.

 

Fin XVIIIe, début XIXe, ce village était parmi les plus peuplés et les plus étendus de Carentoir. En 1836, on y  recensait 113 habitants. Hormis quelques artisans (un tisserand, un tailleur, un couvreur, un menuisier et un sabotier) la population était essentiellement agricole. Jolly, Mauvoisin, Leblanc…étaient les  noms de familles les plus courants.

Malheureusement, ce village va se dépeupler au fil des années.

1906 : 90 habitants

1945: 43 habitants

 

Abbaye aux Alines : linteau de porte 1635
Abbaye de Bonnais : linteau de 1617
cadastre napoléonien de 1825
linteau de 1639

 

HENLEIX

 

L’origine de ce village est connu dès le début du Moyen-âge. Il est cité dans Le Cartulaire de Redon sous l’appellation Henlis Aladin. (cf livre abbé Le Claire)

En toponymie, selon des universitaires comme Jean-Yves Le Moing ou M. Marchand,  Henleix viendrait du breton « hen » qui signifie  vieux et leix dérivé de lis qui a le sens de cour.

Henleix pourrait être le lieu d’une ancienne cour de justice.

 

Ce village est scindée en deux, le Bas-Henleix et le Haut-Henleix.

Les plus anciennes maisons datent du XVIIe siècle.

Selon les listes nominatives de recensement, en 1835, 85 personnes y habitaient. Mis à part  quelques artisans, charpentiers, menuisiers, tisserand, tailleur, la majeure partie des habitants vivait en ferme.

 

 GALNY

Galny, village situé près de la rivière « le Rahun » en limite de la Gacilly,  est connu depuis le XVe siècle. En 1447, Guillaume de Mallesette, seigneur du château de la Ville Orion, y possédait une métairie. ( Histoire de la Gacilly de JC Magré).

 

Les plus anciennes habitations du village actuel remontent au XVIIe siècle. (ci-contre un linteau de porte de 1673)

Au XIXe siècle, selon les listes nominatives de recensement, le village comptait près d’une quarantaine d’habitants, issus essentiellement du milieu agricole.  

 

Le moulin situé en contrebas du village était occupé en 1836 par le meunier Mathurin Marchand. Sa famille l’occupera durant plusieurs générations.

Il était alimenté par le Rahun. L’ eau de la rivière retenue à l’arrière dans un petit étang, faisait tourner une roue à aubes pour moudre du blé et fabriquer de la farine ou du gaboret. Particularité: l’eau de l’étang rejoignait le cours du Rahun en passant sous la maison du meunier.

 

 

Près du moulin, un pont palis à plusieurs arches enjambe la rivière et permet de rejoindre La Gacilly. Bâti sur le modèle de celui de la Minardaie, il a vraisemblablement été édifié au cours du XIXe siècle. Jusqu’au début des  années 2000, il menaçait ruine. Les piles s’écroulaient peu à peu sous l’effet des nombreuses crues. Heureusement, une association sensible à la préservation de notre petit patrimoine « à l’asso du pont » a permis de le sauver. Sollicitées, les mairies de Carentoir et de la Gacilly ont adhéré au projet. Elles ont fait appel à l’association « Concordia » qui fait intervenir des jeunes du monde entier pour des chantiers de rénovation.

 

En juillet et août 2018, des jeunes  de plusieurs continents, encadrés par un moniteur et les membres de « à l’asso du pont » ont reconstruit ce pont à l’identique. Depuis, malgré plusieurs crues mémorables, il continue d’être emprunté par les gens du voisinage et de nombreux randonneurs.

le pont de Galny avant les travaux
le nouveau pont réalisé par les jeunes de l'association "concordia"